L’expression «copier-coller» résume bien à elle seule le système de la «Franchise». Vous connaissez McDo, au moins de nom? Alors vous êtes familiers de la franchise, cette collaboration d’affaires qui réunit un franchiseur et un franchisé…Le premier met à disposition du second un concept commercial complet moyennant le paiement de droits d’entrée. Tel est le principe général de la franchise. Le franchisé acquiert le droit et le devoir d’utiliser l’enseigne, la marque, les services et les produits du franchiseur. En échange, ce dernier reçoit une contribution financière de la part du franchisé (pourcentage du chiffre d’affaires le plus souvent). La chaîne de fast-food McDonald’s en est l’illustration mondiale. Mais on peut citer d’autres domaines qui marchent fort comme l’habillement, la coiffure, l’optique, les services…Si ce système est performant en Europe, la Suisse est un peu considérée comme le parent pauvre de la franchise. Pourtant, le modèle offre de nombreux avantages. Relativement simple d’utilisation, avec des investissements et des risques réduits, la franchise peut même séduire la personne qui souhaite reprendre une activité ou désire devenir indépendante.

Avantages de la franchise
Selon certaines statistiques, il apparaît que le taux de réussite de création d’entreprise en franchise approche les 80%, contre seulement 50% en création pure. Une franchise consiste en effet à fournir «clés en mains» au futur entrepreneur l’ensemble du «kit» qui a fait le succès de cette première entreprise. On conçoit facilement que les démarches et les procédures soient moins lourdes, plus efficaces et que la réussite économique soit plus facilement au rendez-vous. Le franchisé peut se concentrer directement sur ses activités essentielles et les affaires peuvent démarrer plus vite. Le système permet en outre des achats regroupés et une publicité qui s’étend bien au-delà du cadre régional. Atouts fondamentaux sur le marché.

Particularités suisses
Pays multilingue au PIB élevé, marché libéral au cœur de l’Europe, culture cantonale et fédérale, la Suisse est bien particulière. Contrairement à la France, 1er pays européen de la franchise (45 milliards d’euros de chiffres d’affaires, 400’000 emplois), où l’on trouve une loi spécifique pour la franchise – la fameuse loi Doubin – ; en Suisse, il n’y a, à l’heure actuelle, aucune législation ad hoc. C’est donc le code civil qui s’applique. La marge de manœuvre est donc plus grande mais la sécurité juridique est amoindrie dans le domaine précontractuel. Le contrat de franchise devra pallier à toutes ces difficultés.

La franchise en Suisse
On trouve plusieurs cas de figures. Ce peut être une entreprise suisse qui se développe dans son pays ou qui s’exporte à l’étranger sous forme de franchise ou une entreprise étrangère qui entre en Suisse sous la forme d’une franchise. Selon Christoph Wildhaber, président de la Fédération Suisse de la Franchise, «malgré l’absence de chiffres précis, on estime qu’il y a de 250 à 300 franchiseurs en Suisse» (avec en moyenne une dizaine de franchisés par franchiseur). Parmi eux, comme le rappelle Marc Hasler, Responsable du Bureau Romand de la Fédération, «il n’y a pas de grandes franchises suisses. Les plus grandes sont étrangères». La culture de la franchise faisant défaut dans le pays, les entrepreneurs, au lieu d’utiliser ce système pour se développer, recourent à la traditionnelle «succursale», dont ils restent les détenteurs directs. Pour Marc Hasler, «le terme même de franchise n’est pas clair pour tout le monde. Notre objectif est de le faire comprendre et de le populariser, y compris auprès des banquiers». Dans ce sens, la «Place des Affaires et de la Franchise» – du 21 au 25 janvier 2008 à Genève -, pourrait être la bonne occasion de découvrir cet instrument original. Selon un classement, deux entreprises d’origine suisse figurent dans le TOP 500 de meilleures franchises européennes (Inlingua et Kieser Training).

Mode émergente
Il semble qu’en Suisse la franchise soit en passe de devenir «à la mode» et notamment dans la cité de Calvin. Daniel Hoeffler, Conseiller aux entreprises à l’Office de la Promotion Économique de Genève vient le confirmer en précisant: «de plus en plus de personnes veulent ouvrir un commerce sous cette forme, l’engouement est grandissant». Daniel Hoeffler ajoute d’ailleurs que «certaines personnes qui ne sont pas prédestinées à devenir entrepreneur veulent s’engager dans la franchise». Ces avantages encouragent l’esprit d’entreprise. Les candidats bénéficient immédiatement d’un acquis, d’un réseau, d’une image. En un mot, la sécurité économique est davantage assurée. Alors, la franchise, nouveau moteur économique et de l’emploi en Suisse?

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Marc Hasler, spécialiste de la franchise