André Borne est amer. Catégorique, il ne mâche pas ses mots : ""«Ce serait vraiment un gros loupé dans le plan de rénovation urbaine de Champfleuri si la future piscine intercommunale ne se construisait pas dans ce quartier.» Le chef de file PS de l’opposition municipale sort les conclusions d’une étude réalisée en 2013 pour la CAPI : un terrain de 1 hectare sur le site des ateliers municipaux, en bordure du boulevard Scotto, «conviendrait parfaitement.» ça ne semble pas être l’avis de la nouvelle majorité. La cause est entendue : la piscine “Tournesol”, veillotte et plus aux normes, va fermer. La CAPI réfléchit à un nouveau centre nautique moderne à rayonnement intercommunal avec un bassin sportif couvert de 6 à 8 couloirs. Reste une interrogation, sachant qu’il existe un “déséquilibre” en la matière entre l’est et l’ouest du territoire : Où le construit-on ? L’affaire n’a pas fini de faire des vagues…

«Le site envisagé à Champaret est en zone inondable !»
Pour le coup, il semblerait que Vincent Chriqui et ses adjoints aient une préférence pour Champaret, «la priorité étant de conserver cet équipement CAPI sur Bourgoin-Jallieu» indiquait Jean-Claude Pardal lors d’un récent conseil de quartier. On en sait un peu plus : c’est un terrain de 6700 m2 à proximité de l’ancienne usine Mermoz, tout au bout de la rue du Dauphiné, qui serait proposé à la CAPI. André Borne s’étrangle : «La quasi-totalité du site est classée en zone inondable par la préfecture. Ce n’est pas anodin lorsque l’on voit les récents dégâts sur la Côte d’Azur.» Pour l’élu, cela veut inévitablement dire des surcoûts de construction pour intégrer les contraintes réglementaires. «Sans compter que la Ville doit encore se rendre maître du foncier, la parcelle appartenant à un privé», relève André Borne.
""Autre grief du leader de l’opposition : le risque de voir disparaître les d’arbres centenaires du parc Mermoz. Il indique : «La municipalité tente de déclasser discrètement la zone “Elément Naturel Remarquable et Paysager” dans le cadre de la modification du PLU soumise à enquête publique. Au nom de mon groupe, j’ai transmis des observations au commissaire enquêteur, demandant à ce que le maire renonce à sa suppression.» De surcroît, l’élu n’est pas persuadé que les riverains, dont les habitants de la résidence “Les Ecureuils”, voient d’un bon oeil l’arrivée d’un équipement qui doit accueillir aux alentours de 68 000 personnes par an (sans compter les associations et les scolaires) avec un important trafic de voitures. La mairie y a pensé en envisageant un nouvel accès avec une voirie qui se connecterait au rond-point du Rivet.
L’argument ne convainc pas André Borne. Pas plus que le risque de voir le nouveau centre nautique filer sur les communes de Ruy-Montceau ou Nivolas-Vermelle. Il souligne : «L’avantage de Bourgoin-Jallieu, c’est son réseau de chaleur urbain. Je ne vois pas la CAPI renoncer aux importantes économies de fonctionnement qu’elle pourrait faire.»
A ses yeux, le site des ateliers municipaux ne présente que des avantages : il n’y aurait pas de gros travaux de réseau ou de voirie à engager et le boulevard offre un accès facile à un équipement communautaire qui serait bien mis en valeur. Surtout, pour André Borne, le choix de Chamfleuri serait un signal fort : «L’importante fréquentation de cette piscine amènerait forcément de la clientèle au centre commercial qui vient d’être rénové. On a mis beaucoup d’argent pour améliorer les logements et le cadre de vie. Ce n’est pas le moment que tous les services publics s’en aillent ! La disparition du seul grand équipement à rayonnement intercommunal de ce quartier serait un vrai coup de massue.» Il promet : «On va se battre pour que le maire revoie sa copie et rejoigne notre position !»
Stéphane Perrin


2016-11-15