Le Geneva Forum Toward Global Access to Health mobilise les professionnels de la santé pour améliorer l’accès aux soins dans le monde. Depuis mercredi 30 août et jusqu’au vendredi 1er septembre 2006, près de mille professionnels de la santé, issus de 80 pays, sont réunis à Genève, au centre international de conférences, dans le cadre du premier Geneva Forum organisé conjointement par les Hôpitaux universitaires de Genève (HUG) et la Faculté de médecine de l’Université de Genève. Au centre des débats, animés par 150 orateurs du monde entier, l’accès aux soins et à la santé avec une question primordiale : comment mieux répondre demain aux besoins des populations ici et ailleurs?

50 projets de coopération
Depuis une vingtaine d’années, plus de 50 projets de coopération ont été menés par les HUG à travers le monde pour secourir des victimes de catastrophes, former sur place du personnel soignant, participer à des programmes internationaux et à des recherches cliniques. En réunissant à Genève leurs partenaires pour marquer, par un événement international, les 150 ans de l’hôpital, les HUG souhaitent favoriser les échanges d’expertises dans différents domaines (vaccins, traitements, prévention, organisation sanitaire, télémédecine, etc.) et le développement de nouveaux partenariats.

Soirée d’ouverture
Mercredi 30 août, le Geneva Forum a été officiellement ouvert en présence des autorités et des représentants de multiples organisations internationales, par les interventions de Madame Micheline Calmy-Rey, vice-présidente du Conseil fédéral, cheffe du département fédéral des affaires étrangères (Suisse), de Monsieur Jakob Kellenberger, Président du Comité international de la Croix Rouge (Suisse) et de Madame Mary Robinson, Présidente de Realizing Rights: The Ethical Globalization Initiative (USA).

L’accès à la santé
Sur le thème de l’accès à la santé, Mme Micheline Calmy-Rey établit un parallèle entre la situation de Genève il y a 150 ans et celle, peu différente, de certains pays aujourd’hui : «Est-il acceptable qu’en Afrique de l’Est, seulement une femme sur trois bénéficie d’une aide compétente lors d’un accouchement? Est-il acceptable que l’un des plus grands problèmes de santé dans notre société soit l’obésité alors que la malnutrition l’est dans une autre partie du monde?». Citant plusieurs actions menées par l’Agence suisse d’aide au développement, par exemple en Tanzanie pour promouvoir l’utilisation de moustiquaires traitées dans la lutte contre le paludisme, la conseillère fédérale rappelle l’une des priorités : renforcer la bonne gouvernance de la santé pour améliorer l’efficacité des systèmes de soins. «Malgré les immenses progrès réalisés depuis 150 ans, tout reste à faire pour que notre génération laisse autre chose que des promesses non tenues».

L’accès aux soins des victimes de conflits et de catastrophes
De son côté, M. Jakob Kellenberger s’interroge sur l’accès aux soins des victimes de conflits et de catastrophes : «La privation de liberté peut être considérée comme une sentence de mort car parfois il n’y a pas d’accès aux soins et à la santé pour les prisonniers». Chargé de protéger la vie et la dignité des victimes de guerre, le CICR constate quotidiennement le lien indéniable entre les conflits et la dissémination des maladies : «Les conflits, en touchant des populations civiles vivant déjà dans des situations précaires où l’accès aux soins est difficile, accélèrent les pandémies et empêchent la distribution de médicaments. Venir en aide aux victimes reste un défi permanent pour le CICR».

Lien entre santé et droits de l’homme fondamentaux
Pour sa part, Mme Mary Robinson évoque le lien entre santé et droits de l’homme fondamentaux : «Aujourd’hui, le droit à la santé est négligé, bafoué, piétiné, voire violé. Vivre sans violence, sans discrimination, avoir accès à l’eau potable, à l’éducation, à une nourriture adéquate, à des soins compétents, est un droit pour lequel nous devons nous battre». Avant d’adresser une demande aux congressistes : «Je vous invite à faire un bilan des objectifs du Millénaire pour le développement, à atteindre d’ici 2015 par les états membres des Nations Unies, et à voir ce qui a été accompli et ce qui reste à faire pour garantir l’accès à la santé pour tous».

Après trois jours de débats, la cérémonie de clôture du Geneva Forum aura lieu ce vendredi 1er septembre à partir de 16 heures, avec notamment l’intervention de Madame Ruth Dreifuss, ancienne Présidente de la Confédération.

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Droit à la santé pour tous, par tous et partout