Mon métier: la remise de fonds de commerce. Et quand on exerce dans cette branche spécialisée, on se rend vite compte des blocages qui viennent contrecarrer le dynamisme de Genève.

Je me demande toujours, mais à qui profite la léthargie ambiante? Je représente une vingtaine de grandes sociétés françaises qui n’arrêtent pas une seconde de me mettre la pression pour que je leur trouve de l’espace commercial disponible sur le Canton. Et je n’en trouve pas. Pourtant, j’ai de quoi remplir aisément 20’000 m2. Ce qui représente quelques centaines d’emplois. Et ces emplois resteront malheureusement virtuels tant que la donne ne changera pas. Il suffirait d’une parcelle, ou d’un immeuble qu’on changerait d’affectation. Aujourd’hui les enseignes s’installent tout autour du Canton…Mais pas à Genève. Car elles ne le peuvent pas. Et les répercussions sur l’économie locale ne se font pas attendre. Que fait un suisse aujourd’hui? Il va consommer de l’autre côté et nourrir l’économie de France voisine. Or, il faut que les genevois consomment à Genève. Et il faut les motiver pour ce faire.

Genève-shopping?
Dans la zone des Acacias, le secteur de La Praille, on pourrait faire beaucoup de choses. Il est clair, qu’au niveau shopping, Genève accumule toujours plus de retard. Où est la politique de développement commerciale digne de ce nom? Bon, le Canton n’affiche pas la superficie la plus grande, c’est un paramètre oppressant. Oui, le blocage spatial est une réalité. C’est sûr. Pas de place, pas de commerce, pas de consommation, pas de croissance. L’enchaînement logique est facile. Aujourd’hui, si on ne sait pas – ou ne veut pas – construire au-dessus, pourquoi alors ne pas construire en-dessous, tout simplement.Le site de Confédération Centre – ex-bourse de Genève – me semble tout approprié. D’immenses espaces servent à un pseudo stockage alors qu’ils pourraient accueillir une grande et belle surface commerciale. Des projets en ce sens ont déjà existé…Mais bon Genève est Genève, et ils n’ont pas abouti. Aujourd’hui, j’ai un opticien qui veut 1000m2, j’ai un pisciniste qui a besoin de 2000m2, j’ai des décorateurs qui ont chacun besoin de 1000m2. Toutes les enseignes qu’on voit en France voisine, en périphérie, rêvent de venir ici. Genève fait encore rêver beaucoup de monde. Et moi le premier bien-sûr. Mais quel manque de créativité, quel manque de dynamisme…Et que dire de l’extraordinaire vieille-ville, si belle, si intéressante… Où il manque simplement les flux de chalands. Incomparable avec le vieil-Annecy. Et le vieux-Carouge? Il a tout à gagner de commerçants plus engagés et plus dynamiques. Les loyers trop bas n’incitent pas à dynamiser le secteur. Le marché de Noël à Genève en centre-ville? Inexistant. Préférez Carouge ou Montreux. Bref, Genève mérite mieux..

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Par, Olivier Nimis, Directeur de la société Remicom Immobilier SA