La reprise économique des deux dernières années a facilité l’accès des personnes fraîchement diplômées d’une haute école au marché du travail. Selon une enquête réalisée en 2005 par l’Office fédéral de la statistique auprès des nouveaux diplômés, le taux de sans-emploi des diplômés des universités et des hautes écoles spécialisées interrogés est inférieur à celui des personnes ayant pris part à l’enquête similaire de 2003. Il n’en demeure pas moins qu’il n’est pas aisé de trouver un emploi approprié après les études.

Léger chômage mais chômage tout de même
Le taux de sans-emploi de la cohorte de 2004, une année après la fin des études, est de 5,7% pour les diplômés universitaires et de 4,3% pour les diplômés des hautes écoles spécialisées. Ce taux a donc reculé par rapport à celui observé dans l’enquête menée auprès de la cohorte de 2002 (HEU : – 0,4 point / HES : – 3,8 points). Les nouveaux diplômés des hautes écoles pédagogiques, considérés pour la première fois de manière séparée, font état du plus faible taux de sans-emploi.

Les possibilités d’accès à un emploi qualifié sont variables
Selon le type de haute école, le lieu de travail et la branche étudiée, il est plus ou moins difficile de trouver un emploi correspondant aux qualifications acquises. Six mois après la fin de leurs études, 63% des diplômés universitaires et 56% des diplômés des hautes écoles spécialisées occupaient un emploi qualifié. Il reste que la part des personnes n’ayant pas encore accédé à une activité professionnelle conforme à leur formation est relativement élevée (HEU : 27% / HES : 39%). Les nouveaux diplômés des hautes écoles pédagogiques ont plus de facilité à trouver un emploi en adéquation avec leur formation : un sur cinq avait déjà une place ou en avait une en vue avant la fin de ses études. Et déjà deux mois après cette dernière, plus de trois quarts d’entre eux (78%) occupaient un poste correspondant à leur formation. La part de ceux qui n’avaient pas encore d’emploi adéquat au moment de l’enquête se situe à 15%.

Difficulté au Tessin
C’est au Tessin et dans la Région lémanique que les personnes fraîchement diplômées éprouvent le plus de difficultés à accéder à un poste conforme à leurs qualifications. Les conditions moins bonnes régnant sur le marché de l’emploi dans ces deux grandes régions expliquent en partie cette situation. Mais cette dernière est aussi due, notamment dans la Région lémanique, à une plus forte concurrence entre les nombreuses personnes hautement qualifiées arrivant sur le marché du travail.

Filière Médecine, Pharmacie et Droit épargnéLes diplômés des domaines d’études dont l’accès à la profession est clairement réglementé (médecine et pharmacie, droit) n’ont que relativement peu de peine à entrer sur le marché du travail. Ceux des domaines «Technique et TI», «Sciences de la construction» et «Travail social» trouvent eux aussi dans une large majorité un emploi correspondant à leur formation. Les nouveaux diplômés en sciences humaines et sociales et ceux des domaines artistiques et culturels tels que le théâtre, les arts visuels, les arts appliqués, mais aussi le sport, la linguistique appliquée et la psychologie appliquée ont généralement plus de peine à trouver un poste conforme à leurs qualifications. Comme ces domaines d’études comptent pour la plupart une forte proportion d’étudiantes, les femmes diplômées des hautes écoles accèdent en général moins facilement à un emploi adéquat que leurs condisciples de sexe masculin.

Les salaires d’entrée en 2005
Les revenus annuels bruts standardisés des diplômés des hautes écoles spécialisées se situent à 75’000 francs une année après la fin des études ; ils sont ainsi supérieurs à ceux des nouveaux diplômés universitaires (70’710 francs). Les diplômés en sciences économiques (HEU et HES), en médecine et pharmacie, en travail social, en technique et TI ainsi que ceux des hautes écoles pédagogiques sont les mieux payés à leur entrée dans la vie active. A l’autre extrémité de l’échelle des revenus, on trouve les juristes et les diplômés en arts appliqués. Les bas salaires d’entrée des juristes s’expliquent par le fait que ces derniers doivent commencer par suivre un stage d’une certaine durée avant d’obtenir le droit d’exercer en indépendant. Les nouveaux diplômés en arts appliqués ne doivent quant à eux pas s’attendre à une hausse rapide de leurs revenus.

Mêmes études – même salaire?
A l’aide des données provenant de l’enquête réalisée auprès des nouveaux diplômés en 2003, on a examiné de manière plus détaillée les raisons des disparités salariales chez les personnes hautement qualifiées. On a analysé, outre un certain nombre de facteurs influençant le revenu, l’importance du sexe de ces personnes. Chez les diplômés universitaires et en tenant compte de tous les autres facteurs influençant le revenu, le revenu annuel brut standardisé ne diffère pas de manière statistiquement significative selon le sexe. Chez les diplômés d’une haute école spécialisée, par contre, le revenu varie de manière très significative selon le sexe de la personne: un an après la fin des études : les femmes touchent un revenu annuel brut qui est inférieur en moyenne de 2553 francs suisses à celui de leurs condisciples de sexe masculin. Si les analyses multivariables sont effectuées pour une sélection de domaines d’études indépendamment du type de haute école, on constate de nettes inégalités de revenu au détriment des femmes chez les personnes fraîchement diplômées en sciences économiques (2956 francs suisses) et en sciences techniques (5476 francs suisses). Le sexe n’a en revanche aucune incidence sur le revenu chez les nouveaux diplômés en sciences humaines et sociales.

Revenu plus élevé pour les plus agésDans les deux types de haute école, l’âge des personnes interrogées influe sur le niveau du revenu : plus ces dernières sont âgées, plus leur revenu est élevé. Le revenu est influencé non seulement par l’âge et le domaine d’études de la personne interrogée, mais aussi par son statut professionnel, l’adéquation entre ses qualifications et les exigences de son emploi ainsi que le type de contrat qu’elle a signé. Les possibilités offertes par les hautes écoles spécialisées de suivre des études en cours d’emploi tendent à accroître le revenu. Le secteur économique et la grande région où le lieu de travail est situé sont également des facteurs ayant une incidence sur le niveau du revenu. En revanche, le niveau de formation des parents ne joue pratiquement aucun rôle sur ce plan.

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C’est au Tessin et dans la Région lémanique que les personnes fraîchement diplômées éprouvent le plus de difficultés à accéder à un poste conforme à leurs qualifications