Gucci a fait souffler un vent de bohème venu de l’est sur les passerelles milanaises, mercredi au cinquième jour des collections de prêt-à-porter pour l’hiver prochain, confirmant l’influence des steppes déjà remarquée chez plusieurs maisons italiennes dont D&G.

Renard gris, astrakan, vison ou encore mouton retourné: les petits blousons en fourrure dessinés par Frida Giannini s’ornent de détails de métal, de pierres et de broderies rouge sombre cousues au fil d’or.

De forme très années folles, des robes légères sont coupées dans de riches et luxueux imprimés inspirés par les tissus et les tapisseries des pays de l’est, se plissant très finement sur les cuisses. D’autres semblent naître d’un seul et même foulard qui fait plusieurs fois le tour du corps.

Des pans entiers de passementeries se plaquent sur une chemise noire, les manches se mettent au cuir, aux gros boutons mordorés et aux poinçons pour de subtils accents militaires qui rappellent les uniformes russes.

Plus rock’n’roll, les jambes habillées de slim en velours noir plongent dans des bottes plates qui montent jusqu’au genou pour libérer de longues franges qui fouettent la démarche.

Des dizaines de piercings dorés s’agrippent le long de la couture du pantalon retenu par de larges ceintures de piécettes et de chaînes dorées, ou parfois par des foulards rebrodés noués sur la hanche.

Roberto Cavalli puise son inspiration quelque part entre la Mongolie et le Pérou et joue avec des bandes de broderies aux couleurs vives – fushia-rouge ou bleu-vert – qu’il pose sur tous les éléments de sa collection.

Ces précieuses applications viennent ainsi éclabousser le bustier d’une petite robe noire, le bas d’une jupe ou la ceinture d’un manteau, le tout pour un effet ethnique énergique. Elles s’agrémentent parfois de pans de satins ou de fourrure, pour un effet poupée russe.

Pour une allure plus mystérieuse, celles qui veulent se la jouer veuve noire se glissent dans des robes de marquise fermées jusqu’au col et dont les plis volumineux frôlent le sol, découpées dans une délicate dentelle transparente.

Beaucoup de satiné chez le couturier russe Valentin Yudashkin qui noue de gros noeuds de soie champagne dans le dos de doux bustiers ou d’une blouse aux manches larges. Un arbre de mousseline surgit d’un bustier noir argenté pour venir caresser le visage, tandis que le reste de la robe va bouillonner autour des chevilles.

Chez le Sarde Antonio Marras, c’est toute la garde-robe qui se gonfle: les vestes et les trench mastic arborent de faussent hanches en délicates armures de tissu, les robes bouffent et se tiennent loin du corps comme par magie, les jupes copient les tulipes.

Les tissus se multiplient, se chevauchent et s’empilent dans des patchworks ouvragés de tweed et de soie fushia et bleu canard qui composent des tableaux abstraits.

A la fin du défilé Marras, une mariée s’envole avec son beau et parcourt la passerelle depuis les airs, sous une ovation debout du public qui couvre les notes de l’orchestre installé en coulisses.

Jeudi, ce sera notamment au tour des maisons Fendi, Dolce&Gabbana, Gianni Versace et John Richmond de présenter leurs collections pour l’hiver prochain.

img8016.jpg

De forme très années folles, des robes légères sont coupées dans de riches et luxueux imprimés.