Haute-Savoie : Adelac poursuit sa route

Haute-Savoie : Adelac poursuit sa route

Bilan des dix ans, aménagements possibles (Copponex, Bardonnex), perspectives, concurrence (Léman express)… le directeur de LIANE fait le point sur tous les dossiers chauds.

Dix ans après sa mise en service (décembre 2018), près de 24 000 véhicules, en moyenne journalière annualisée, empruntent chaque jour l’autoroute A41 Nord, baptisée Liane. L’une des plus petites autoroutes de France, avec seulement 19,6 kilomètres (km) entre le nord de l’agglomération annécienne (Villy-le- Pelloux) et Saint-Julien-en-Genevois. Et l’une des plus chères aussi : 7,80 euros l’aller simple entre Saint- Julien et Annecy Nord, soit 40 centimes du kilomètre (toutefois l’abonnement peut permettre jusqu’à 30 % de remise). Pas incompréhensible : le concessionnaire, Adelac, filiale d’Eiffage, doit amortir d’ici 2060 les 871 millions d’euros d’investissement initial, soit plus de 44 millions du kilomètre.

“TOUS LES RÉSEAUX DU SECTEUR SONT SATURÉS. L’OFFRE DE TRANSPORT NE PARVIENT PAS À SUIVRE LA DEMANDE.”

3 % de poids lourds

Coup de chance pour Adelac, sa clientèle a les moyens : près de huit véhicules sur dix qui empruntent Liane sont conduits par des travailleurs frontaliers qui font le trajet domicile-travail. En outre, comme le nombre de frontaliers ne cesse d’augmenter, Liane devrait continuer de voir son trafic progresser.

Même si les évolutions spectaculaires des débuts (2009-2013) semblent loin : aujourd’hui la fréquentation oscille entre stagnation et légère hausse. Voire légère baisse, comme redoutée cette année en raison de la gêne occasionnée par les travaux sur l’A41 (réseau Area) entre Villy et Annecy Nord. Pas de quoi, sur le moyen-long terme, inquiéter Emmanuel Cachot, directeur général d’Adelac.

« Tous les réseaux routiers du secteur sont saturés. La route départementale (RD 1201) à Cruseilles aura retrouvé son niveau de trafic d’avant 2008 d’ici un ou deux ans [ndlr : 19 000 véhicules en 2008, moins de 9 900 en 2009, 16 000 en 2018]. » Conclusion implicite : l’engorgement ne peut que profiter à la seule infrastructure qui n’est pas au bord de l’asphyxie, même si aux heures de pointe elle s’en approche parfois, avec plus de 3 000 véhicules par heure.

Quant à l’arrivée du Léman Express (RER transfrontalier) en décembre, elle ne devrait pas bouleverser la donne : en temps de trajet comme en praticité, l’offre de Liane depuis Annecy restera la mieux positionnée. D’autant que sur Liane, ce ne sont pas les poids lourds qui gênent : ils ne pèsent que 3 % du trafic. Au-delà des aspects fluidité et sécurité (le tronçon est très peu accidentogène, mais cela tient aussi aux limitations de vitesse), c’est financièrement une bonne nouvelle.

« Les plans d’origine prévoyaient les premières grandes opérations d’entretien à partir de 2019-2020, mais nous allons sans doute pouvoir les repousser un peu », précise Emmanuel Cachot. Pour l’heure, l’entretien courant se limite donc à quelques centaines de milliers d’euros annuels. Comme l’ensemble de l’exploration, il est soustraité à Area (autre filiale d’Eiffage, via APRR), Adelac n’étant qu’une structure juridique sans salariés dédiés.

Ces dépenses minimes, conjuguées à la renégociation de la totalité de la dette en 2017 afin de profiter de taux d’intérêt très bas, permettent à Adelac d’afficher un bilan à l’équilibre, avec près de 60 millions d’euros de chiffre d’affaires attendus en 2019.

Plusieurs projets

Toutefois, d’importantes dépenses pourraient être engagées dans les années à venir. Celles du réaménagement de la douane de Bardonnex, vieux serpent de route, aussi complexe (ouvrages d’art, manque de foncier…) que coûteux. Ou celles du demi-échangeur de Copponex direction Annecy, en complément de celui existant direction Genève.

Sur cette opération, « Adelac n’ira pas seule », prévient le directeur. Il va donc falloir convaincre les collectivités de participer puis obtenir le feu vert des autorités, modifier le contrat de concession et, enfin, réaliser les travaux : la route est encore longue.


Par Éric Renevier


Cet article est paru dans votre magazine ECO Savoie Mont Blanc du 27 septembre 2019. Il vous est exceptionnellement proposé à titre gratuit. Pour retrouver l’intégralité de nos publications papiers et/ou numériques, vous pouvez vous abonner ici.

A propos de l'auteur

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GROUPE ECOMEDIA, c'est le groupe de presse économique de Savoie Mont Blanc (74 et 73), de l'Ain (01), du Nord Isère (38) et de la région lémanique trans-frontalière avec Genève et les cantons romands.

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