Il va falloir se secouer les puces !

par | 6 Mar 2008

Genève a été bénie – non seulement des Dieux – et bâtie, au sens propre comme au figuré, par des Visionnaires, des Hommes qui, il y a plus de 3000 ans, profitant de la situation idéale de cette ville, au cœur des grandes voies de communication reliant la Méditerranée au nord de l’Europe, en ont fait, naturellement, un centre d’échanges d’idées et de biens.

C’est en 1387 que l’évêque de Genève, Adhémar Fabri, accorde à ses concitoyens des franchises de la commune, en leur donnant ainsi le droit d’administrer leur ville. Il facilite de facto le commerce en les autorisant à pratiquer le prêt à intérêt alors sévèrement condamné par l’Eglise. Ainsi, Genève acquiert tôt dans l’histoire la renommée internationale de centre d’affaires influent et de prestige. Dès lors, parallèlement à l’essor des foires et des activités foraines, se développe une importante activité bancaire.

L’arrivée de Jean Calvin, en 1536, son génie et son influence intellectuelle feront la gloire de la ville en l’élevant au rang de «Rome protestante». Le rayonnement de Genève, sur des questions d’ordre politique, économique ou administratif, s’étend ainsi à tous les domaines. Nous sommes là au prélude de la Genève Internationale.

De ce vécu, de cette réputation, de cet épanouissement, notre région en tire toujours profit et, malgré quelques soubresauts conjoncturels, nous nous portons plutôt bien. Toutefois, ne faudrait-il pas, à l’heure d’une concurrence mondiale exacerbée, penser à l’héritage que nous laisserons aux générations futures. Auront-elles, elles aussi, envie de nous remercier ou, au contraire, auront-elles à subir notre inaction!

Même si les donnes ne sont plus les mêmes qu’il y a 3000 ans et que le Développement durable et ses composantes doivent régir notre fonctionnement, il est simplement suicidaire de se complaire dans l’immobilisme qui est aujourd’hui le nôtre, sans véritable grand et courageux projet à réaliser, ni coup de pioche à donner de suite, ni vision à long terme, rien d’exaltant à se mettre dans le cœur et dans la tête.

En acceptant de revoir sa Constitution, comme d’autres cantons, les Genevois ont exprimé une saine capacité de se remettre en question et de se doter d’un cadre légal plus adapté au monde d’aujourd’hui et surtout à celui de demain. Est-ce porteur d’un souffle nouveau? Le consensus helvétique a des vertus mais il émousse les audaces. Souhaitons toutefois qu’à travers ces nouvelles réflexions institutionnelles, l’on sache simultanément préserver nos valeurs fondamentales, attachées notamment au respect de la personne et de son environnement naturel, et créer de nouvelles libertés pour des espaces créatifs culturellement, économiquement et socialement. Cette modernité là porterait de vrais espoirs.

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