En Suisse, la consommation d’huile de palme a été multipliée par trois au cours des dernières années. C’est ce qui ressort de recherches menées par le Bruno Manser Fonds (BMF). Selon les indications fournies par la Direction générale des Douanes, les importations suisses d’huile de palme ont atteint un nouveau record d’environ 60’000 tonnes en 2008. Ce volume exige pour sa production une surface de forêt pluviale de quelque 160 km2, soit plus de la moitié de la superficie du canton de Genève. En 1998, la consommation d’huile de palme n’était encore que de 20’000 tonnes.

Cette évolution préoccupe le Bruno Manser Fonds, raison pour laquelle il demande à l’industrie suisse de réduire l’emploi d’huile de palme. «La croissance de la consommation sape tous les efforts entrepris afin de permettre une production d’huile de palme qui satisfasse des standards sociaux et écologiques minimaux» fait savoir Lukas Straumann, directeur du BMF. L’expansion des plantations de palmiste est par ailleurs la cause première de la destruction rapide des forêts tropicales dans le Sud-est asiatique.

La production annuelle mondiale d’huile de palme atteint aujourd’hui 40 millions de tonnes, et devance ainsi les huiles de soja, colza et tournesol. Cette matière première, qui provient le plus souvent de monocultures en Malaisie et en Indonésie, est utilisée dans l’industrie des denrées alimentaires, dans celle des cosmétiques ou chimique ainsi que comme aliment pour animaux. Les développements récents favorisant son emploi comme agro-carburant sont particulièrement problématiques.

Les grandes banques Crédit Suisse, UBS et BNP Paribas ont récemment essuyé des critiques internationales en raison du rôle qu’elles ont joué dans le financement du groupe d’huile de palme indonésien Golden Agri Resources. Contrairement à ces trois banques, la Banque mondiale a cessé en août 2009 le financement de l’industrie indonésienne de l’huile de palme sous la pression des défenseurs de l’environnement.

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L’expansion des plantations de palmiste est par ailleurs la cause première de la destruction rapide des forêts tropicales.