Comme toute industrie, celle de la neige, du ski et des sports d’hiver en général, a besoin d’innovations, de renouvellement, et de recherches. Industrie de désir, d’envie et de plaisir, encore plus qu’une autre, elle a besoin de se trouver en permanente adéquation avec le goût du jour et les aspirations des clientèles.

La neige est-elle éternelle ? Beaucoup en étaient persuadés, qui pensaient qu’avec un minimum d’implication et d’imagination, on pouvait maintenir un maximum de fidélité et de fréquentation. De fait, la recette fonctionna longtemps. Comme les saumons remontent jusqu’à la rivière de leur naissance, le skieur, année après année, revenait sur les pentes où il avait passé son “flocon” et son “chamois”, quand il n’emmenait pas femme et enfants dans la station de ses nostalgiques “classes de neige”.

Il faut bien se rendre à l’évidence, il n’y a pas que le climat qui s’est détraqué, les habitudes, les traditions et la pratique des sports d’hiver ne sont plus ce qu’elles étaient. « Mais où sont les neiges d’antan ? », demandait Brassens paraphrasant François Villon. La mondialisation, la concurrence, l’évolution climatique, la révolution numérique, le transport aérien ont banalisé la neige comme un vulgaire produit industriel. L’or blanc n’est plus un don du ciel, il a perdu une bonne partie de la magie qui faisait rêver petits et grands. Devenue un produit comme un autre, la neige se fabrique artificiellement, se travaille, se stocke, se vend et se commercialise à grands coups de promotions.

Elle se consomme aussi différemment, réclamant préparation et accessoires spécifiques que l’on trouve désormais abondamment sur place, mais aussi des installations de plus en plus sophistiquées et commodes, ainsi que des réceptifs non moins confortables, participant à une ambiance particulière. Bref, comme toute industrie, celle de la neige, du ski et des sports d’hiver en général, a besoin d’innovations, de renouvellement, et de recherches. Industrie de désir, d’envie et de plaisir, encore plus qu’une autre, elle a besoin de se trouver en permanente adéquation avec le goût du jour et les aspirations des clientèles. Et tout cela dans un climat de concurrence et de compétitivité internationales exacerbées.

Pour avoir vécu un peu trop longtemps sur ses lauriers, et bien que restant la première en Europe, la neige française avait pris quelques rides, se laissant rattraper par des massifs étrangers plus attractifs. Toutefois, avec un peu de retard, certes, la filière montagne française a pris depuis quelques hivers conscience du danger et a su réagir collectivement. Les chiffres qui suivent démontrent aux lecteurs, ces efforts d’innovation et de remise au goût du jour avec force d’exemples diversifiés. Aujourd’hui, ce volontarisme s’avère payant puisque les premières enquêtes de satisfaction clientèle et les comparatifs internationaux démontrent que “la neige française” regagne de son attrait. Nous sommes sur la bonne piste !

Alain Veyret

Crédit photo : skiset.com

Podiums

La France perd sa place de leader. Avec de meilleures conditions d’enneigement pour la saison 2015-2016, les État- Unis reprennent la tête du classement mondial des domaines skiables. L’Hexagone enregistre une baisse de 4 % de sa fréquentation.

Classement des trois premiers domaines skiables, en nombre de journées skieurs, hiver 2015-2016 :

Période d’affluence

Les vacances d’hiver représentent plus d’un tiers de la fréquentation des domaines skiables de Savoie Mont Blanc. Cette période est la seule à enregistrer une hausse (+ 1,74 % par rapport à 2014-2015) avec les vacances de printemps (+ 58,90 %, signe d’un enneigement tardif).

Nombre de journées skieurs par période pour la saison 2015-2016, en millions :

Hébergement

Répartition des nuitées par type d’hébergement, hiver 2015-2016, en millions :

Stations les plus fréquentées

La Plagne a enregistré un trafic de plus de 27.7 millions de passages sur ses 94 remontées mécaniques lors de la saison 2015-2016. En Savoie Mont-Blanc, en millions de journées skieurs, hiver 2015-2016 :

Répartition des usagers par pratique de ski

Nombre de journées skieurs, hiver 2015-2016 :

Origine des clients

La principale clientèle des hébergements marchands reste française. On observe d’autre part un recul de la fréquentation étrangère en Savoie par rapport à l’hiver dernier. Les nuitées étrangères représentaient 38 % de la fréquentation globale en Savoie contre 34 % en 2015-2016.

En Savoie Mont Blanc, saison 2015-2016 :

Top 10 des exploitants de remontées mécaniques de Savoie Mont Blanc

La première place de ce classement est attribuée à la Compagnie du Mont-Blanc. C’est également celle dont le chiffre d’affaires a le plus fortement progressé entre les saisons 2014-2015 et 2015- 2016 : + 9,39 %, alors que les autres ont des hausses comprises entre + 2,03 % (SERMA) et + 7,46 % (STVI). Ce top 10 regroupe sept exploitants savoyards et trois haut-savoyards.

Par chiffre d’affaires, hiver 2015-2016, en millions d’euros :

Chiffres clés

114 M€ : C’est le montant des investissements en remontées mécaniques neuves en France en 2016, dont 74 M€ en Savoie Mont Blanc, soit 64,9 % des investissements nationaux. Sources : DSF.

62% : C’est la part de marché de Savoie Mont Blanc en journées skieurs françaises en moyenne sur quatre ans (2013-2016). La Savoie en représente 39 %, la Haute-Savoie 23 %. Sources : DSF.

Évolution des recettes de l’alpin et de la redevance du nordique en Savoie Mont Blanc

En euros constants et en indice base 100 = hiver 1998-1999 et à champs constant :

Recettes de l’alpin et redevances du nordique

Les domaines skiables alpins de Savoie Mont Blanc ont enregistré un chiffre d’affaires de 914 M€ en 2015-2016. 66,6 % ont été réalisés en Savoie. Les recettes sont en hausse de 3,4 % par rapport à l’hiver 2014- 2015. Les redevances nordiques sont quant à elles en légère baisse.

Hiver 2015-2016 :

Évolution de la fréquentation

Les deux Savoie sont les seuls territoires où la fréquentation enregistrée a progressé par rapport à la saison dernière. Une activité lésée par des températures exceptionnellement douces et des précipitations tardives.

Par territoire, saison 2015-2016 :


Infographie récapitulative

Cliquez sur l’image ci-dessous ou téléchargez notre infographie ici.


Par Audrey Lebedeff


Crédit photo : Monica Dalmasso / OT Les Carroz