Interview : Thomas Charmasson nous parle de la filière Bois

À 41 ans, Thomas Charmasson a repris l’entreprise André Roux (Magland), un acteur reconnu de la filière bois. L’opération lui permet d’étoffer le savoir-faire de son groupe.

« Nous nous positionnerons à terme sur des projets plus importants »

Quel est votre parcours ?

A l’âge de 24 ans après des études d’économie et de commerce, j’ai intégré l’entreprise familiale en tant que commercial. Après six années d’expérience et la découverte de plusieurs régions (Paca, Rhône-Alpes, Île-de-France), j’ai évolué vers la direction commerciale. En 2011, mon père m’a transmis le flambeau à la direction du groupe Charmasson-Gipen. Je suis par ailleurs président du Symob, le Syndicat national des constructeurs et fabricants de Maisons à Ossature Bois et membre d’Adivbois, l’association pour le développement des immeubles à vivre en bois. Mon père Luc a toujours joué un rôle important dans l’animation de la filière bois et il est à ce titre aujourd’hui Président de FBIE (France Bois Industrie Entreprise et surtout vice-président du Comité Stratégique de Filière bois (CSF).

Qu’est-ce que le CSF ?

Installé et présidé par les ministres de l’Environnement, de l’Agriculture, du Logement et de l’Economie au sein du Comité national de l’industrie (CNI), le CSF bois permet à la filière de parler enfin d’une même seule voix, vis-à-vis des pouvoirs politiques et de coordonner les actions de l’ensemble des acteurs. L’objectif est de promouvoir l’usage du bois et de renforcer sa compétitivité dans les domaines stratégiques de l’énergie, de la construction et de la lutte contre le changement climatique.

Quelle est l’activité de votre groupe ?

En activité depuis 138 ans, le groupe Charmasson se consacre principalement à la conception et la construction de structures bois. Des 1965, Il a été le premier en France à industrialiser la fabrication de charpente. Il a aussi été à l’origine, en 1974, du GIE Gipen, le premier groupement national d’entreprises familiales, fabriquant de charpentes et de structure bois. Le Gipen est devenu aujourd’hui une marque de référence pour toutes les charpentes et structures industrielles en bois.

Dans quel contexte vous êtes-vous intéressé à la société André Roux ?

A la différence d’André Roux, nous n’allions pas jusqu’à la pose des structures ce qui devenait compliqué pour accéder à certains types de marchés comme les bâtiments bois de grande hauteur (jusqu’à 20 niveaux). Quand le cabinet Ancrage Transactions nous a contactés et nous a présentés le projet André Roux, nous nous y sommes vite intéressés.

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Thomas Charmasson reprend le flambeau de la société André Roux.

Pourquoi ?

C’est une grande – la plus grande de la région dans son métier- et belle entreprise. Experte dans la réalisation de structures, charpentes, couverture, menuiseries sur mesure, elle a été pionnière dans la réalisation de bâtiments en bois, en particulier dans les stations comme Avoriaz, Morzine, Chamonix….. Sa spécificité et sa force réside dans sa capacité à répondre à l’ensemble des lots bois d’une construction permettant aux maitres d’ouvrage d’avoir un interlocuteur unique pour la mise hors d’eau hors d’air de leur bâtiment. Distinguée à plusieurs reprises pour ses réalisations, elle bénéficie d’une forte notoriété dans les Alpes et d’un outil de travail de premier plan.

Quelles ont été les modalités de la transmission ?

Douze mois se sont écoulés entre les premiers contacts et la signature officielle de la transaction. Réalisée en vue du départ à la retraite d’Alain Roux et avec un souhait de transmission, celle-ci me permet d’être aujourd’hui actionnaire majoritaire aux côtés des fonds d’investissement A Plus Finance et Crédit Agricole. La famille Roux reste présente au capital et pour partie, opérationnelle. Dans nos métiers, l’humain est déterminant.

Quels sont les projets ?

Le dynamisme économique de la Haute-Savoie est sans commune mesure avec ce que l’on peut connaître dans les Hautes-Alpes où le groupe Charmasson est né. La société Roux se porte très bien et recrute afin de répondre à un carnet de commandes bien rempli grâce à une reprise du marché de la construction et des opérations comme celle du Club Med à Samoëns. Elle continue de fonctionner de manière indépendante avec son bureau d’études, ses équipes de fabrication et de pose.

Quelles sont vos ambitions ?

Il n’est pas question de tout bouleverser. Mais à terme nous pourrons sans doute nous positionner sur des opérations de taille plus importante et dans une zone de chalandise élargie. Nous avons la volonté de nous affirmer comme un des principaux constructeurs bois français.

La société André Roux : repères

SAS André Roux
Siège social : Magland
85 salariés
CA 2016 : 17,5 M€ (stable) réalisé pour moitié entre donneurs d’ordre publics et privés.
Groupe GIE Gipen
CA 2016 : 30 M€
8 sites de production et 250 salariés sur l’ensemble du territoire national


Propos recueillis par Sophie Boutrelle

A propos de l'auteur

GROUPE ECOMEDIA

GROUPE ECOMEDIA, c'est le groupe de presse économique de Savoie Mont Blanc (74 et 73), de l'Ain (01), du Nord Isère (38) et de la région lémanique trans-frontalière avec Genève et les cantons romands.

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