François Naef est le nouveau président de la Chambre de Commerce, d’Industrie et des Services de Genève (CCIG) depuis le 17 avril dernier.

Était-ce, pour vous, une vocation que de devenir président de la CCIG?
Je crois que l’on devrait tous d’une manière ou d’une autre participer à la vie de la cité selon ses compétences. La politique économique de mon pays m’a toujours intéressé et la Chambre m’offre la possibilité de mettre mes compétences et expériences au profit de la société.

Quelle sorte de dirigeant êtes-vous?
Je suis un manager participatif qui aime être rapide dans les décisions. Je m’appuie sur les compétences et les opinions des gens qui travaillent avec moi, tout en gardant mes responsabilités dans le pouvoir décisionnel.

Quels sont les moyens dont dispose la Chambre pour faire évoluer la société genevoise?
Son réseau de membres, ses publications, les conférences qu’elle organise et ses contacts réguliers avec les pouvoirs exécutifs et législatifs, communaux ou cantonaux. Elle doit communiquer son énergie au tissu socio-économique et faire comprendre aux autorités et aux citoyens les enjeux d’une économie performante. De la manière la plus claire et simple possible sans idéologie.

Votre ambition personnelle pour cette première année de mandat?
Gérer les dossiers que l’Agenda politique nous impose comme la libre circulation des personnes, les transports etc.… Mais aussi lancer de nouvelles pistes de réflexion avec nos membres et le Conseil d’administration. Faire un bilan des actions passées, et proposer de nouveaux axes sur l’éducation ou la formation, la relation entre les entreprises et les universités. J’aimerai ficeler un nouveau programme d’ici la fin de l’année.

Que peut faire la Chambre?
Activer son réseau, continuer de soutenir la promotion économique, d’encourager les universités à investir dans la création de start-up, de stimuler le transfert du public au privé, de valoriser les filières inventives et de faciliter l’accès aux capitaux… Les autorités peuvent aussi utiliser l’incitation fiscale.

Avez-vous déjà imaginé une stratégie de développement?
Bien sûr. D’abord, il faut continuer à soutenir les piliers forts de l’économie genevoise (finance, services, chimie-pharmacie, horlogerie) et la diversifier davantage, en investissant dans les technologies innovantes par exemple… Ces dernières permettent de faire une occupation intelligente de l’espace et de bénéficier de marges importantes. Ensuite, pourquoi ne pas positionner Genève comme la ville leader dans les technologies de l’environnement? Je pense que c’est un atout véritable pour la région si l’on s’appuie sur les connaissances scientifiques de nos universités.

Et pour aider les entreprises touchées par une éventuelle crise financière?
Avec nos membres, nous essayons de comprendre l’impact auprès d’eux de cette situation des marchés financiers pour nous faire une opinion (par des sondages ou l’enquête conjoncturelle). En retour, il s’agira d’informer nos membres et nos audiences. Il nous apparaît important de savoir si nous nous dirigeons vers une crise majeure ou non et le communiquer aux entreprises.

Qu’est ce qui remonte de vos membres?
De manière générale, les affaires vont continuer de la même manière. La baisse du dollar peut avoir un impact sur le chiffre d’affaires, mais il semblerait que les carnets de commande se remplissent. Pour l’augmentation des matières premières, les horlogers disent pour l’instant qu’ils arrivent à l’absorber. C’est la chance d’avoir des industries à haute valeur ajoutée qui ont une grande marge. Mais la prudence est toujours de mise.

Êtes-vous sensible au développement durable?
C’est la responsabilité de nous tous. Si la notion de durabilité est intégrée intelligemment, c’est une source d’efficacité économique. Plus généralement, le développement durable procède aussi de ce besoin de trouver des équilibres entre les différents intérêts et forces en présence.

Comment stimuler la création d’entreprises sur Genève?
Je pense que l’on gagne quand on a l’envie de gagner! Cela doit passer par l’offre de structures d’appui aux jeunes entrepreneurs, la formation de l’opinion, l’encouragement de la prise de risque etc. Mais aussi à travers nos activités habituelles comme les midis de la chambre, les séminaires, la mise en valeur des belles réussites, comme nous le faisons avec le Prix de la Jeune industrie.

Que devra faire la Chambre pour atteindre le niveau symbolique de 2000 membres?
Je crois que l’on y arrivera en communiquant davantage sur ce que l’on fait. Il faut motiver les non-membres en leur disant qu’ils pourront mieux contribuer à la formation de l’opinion. Nous avons cette volonté de rallier le plus de monde à notre cause pour avoir plus de poids dans les prises de position. La Chambre doit aussi s’assurer en permanence que les services qu’elle délivre favorisent les besoins de ses membres et le monde de l’entreprise.

Un mot sur les dossiers qui vous intéressent le plus?
Ma sensibilité m’amène peut-être à être davantage compétent sur les questions fiscales, les ressources humaines, la formation ou la Genève internationale. Je crois beaucoup en ces domaines et je pense que je peux apporter une différence. A l’Assemblée générale, j’ai soulevé la question de la formation du personnel des organisations ou institutions internationales… Un peu pour dire qu’il ne fallait pas oublier cette Genève-là!

Votre implication dans la région transfrontalière?
La Chambre continue à soutenir le projet Franco-Valdo-Genevois et reste dynamique au sein de l’Union lémanique des Chambres de Commerce. Il faut aussi continuer à soutenir les initiatives de l’État dans les relations transfrontalières et les politiques de transport. Si l’on souhaite continuer le développement genevois, tous les secteurs doivent progresser en même temps.
propos recueillis par bp

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François Naef est le nouveau président de la Chambre de Commerce, d’Industrie et des Services de Genève (CCIG) depuis le 17 avril dernier.