Justice : Genève Aéroport touché par une affaire de corruption

Justice :  Genève Aéroport touché  par une affaire de corruption

Le responsable du Département de la sûreté de l’aéroport est soupçonné d’avoir touché des pots-de-vin pour l’attribution de certains marchés publics.

Une nouvelle affaire de corruption frappe Genève. Le 15 mai dernier, le Ministère public genevois a mené des perquisitions sur différents sites de l’aéroport de Genève. Il soupçonne deux prévenus de malversations dans l’attribution de marchés publics : le chef de la sécurité de l’aéroport, ainsi que le responsable d’une société de sécurité genevoise. Le Ministère public a été alerté par la police sur de tels actes à l’aéroport en février dernier. Selon le journal Le Temps, le responsable de la sûreté aurait accepté des pots-de-vin de Securitas, une entreprise gérée par son ancien associé, qui assure la formation des contrôleurs de sûreté de l’aéroport. Cette société s’est vue attribuer plusieurs contrats sans appels d’offres sur une période de cinq ans.

Le Ministère public a également annoncé avoir ouvert une autre procédure dirigée contre inconnu, au sujet de possibles dysfonctionnements signalés par la Cour des comptes lors d’une procédure d’adjudication intervenue en 2018, concernant une nouvelle fois les services de sûreté de l’aéroport. En janvier, Genève Aéroport avait déjà été condamné à verser une indemnité de 33 000 francs à ISS Facility Services.

La chambre administrative de la Cour de justice avait estimé que la procédure pour un appel d’offres n’avait pas été respectée. Ce dernier était divisé en trois lots : l’accueil des passagers, les contrôles de sécurité des passagers et des véhicules, et celui des bagages en soute. Alors qu’il devait être attribué à trois entreprises différentes, il s’avère que Securitas, qui a remporté le premier lot face à ISS, est affiliée à Custodio, la société qui a remporté le troisième lot.

“Rétablir une culture éthique”

Dans un nouveau rapport, la Cour demande à Genève Aéroport de « reprendre en main sa culture d’entreprise et de mettre en place des mesures en matière de ressources humaines afin de rétablir une culture éthique adéquate ».

Face au scandale, Genève Aéroport se place comme victime. Il va lancer une enquête interne et se constituer partie plaignante dans la procédure pénale. En attendant, les deux personnes mises en examen dans cette affaire de corruption restent en prison. Vendredi 17 mai, le Tribunal des mesures de contraintes a prolongé de deux mois leur détention provisoire.


Par Romain Fournier


Cet article est paru dans votre magazine ECO de l’Ain du 23 mai 2019. Il vous est exceptionnellement proposé à titre gratuit. Pour retrouver l’intégralité de nos publications papiers et/ou numériques, vous pouvez vous abonner ici.

2 commentaires

  1. MICHAEL

    Et bien, comme quoi il y a un bon Dieu ! Quand je vois la qualité du travail des agents de cette compagnie de “sécurité” mise en cause ! A la même période j’avais laissé un avis Truspilot car ils m’avaient lors d’un contrôle détruit l’emballage d’un cadeau d’anniversaire, les mecs, impossible de faire rentrer un rectangle dans un rectangle, ils avaient mis dans le mauvais sens et forcés ! pff !! Bref, quand on fait mal son boulot, on est aussi moins regardant sur le respect des lois…. Merci pour l’article !

    Réponse
    • MICHAEL

      Pour compléter, au sujet de cette affaire, vu sur un autre article : Le choix de Custodio était particulièrement surprenant aux yeux d’Alain *, vu le manque d’expérience de la société et de son responsable genevois, « monsieur Y ». Ra là là, tout se paye un jour ! Et je parle même pas du fait que c’est une branche de Securitas, si vous avez travaillé à la sécurité dans votre vie, vous savez qu’ils ont utilisés la nouvelle loi qui obligeait d’avoir le CQP pour du coup prendre non plus comme cela se faisait des costaud entraîné et des vrais mecs de la sécurité, pour prendre des gringalets payés au lances pierre, deux fois moins chers et sans expérience dans le domaine, juste un diplôme en poche, et tous les magasins et discothèques se plaignaient, mais pas le choix, puisque les mecs à la base étaient souvent payés au black, ils ne pouvaient pas justifier leurs heures et donc avoir le diplôme d’office. Bref, Sécuritas s’est bien gavé

      Réponse

Poster une réponse

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

ANNONCES LÉGALES : CONSULTEZ ET PUBLIEZ !

Devis immédiat 24h/24
Attestation parution par mail
Paiement CB sécurisé

PUBLICITÉ

ARTICLES LES PLUS LUS

PUBLICITÉ