Réouvert depuis peu avec un nouveau concept, L’Universal Café «n’est pas un sushi bar», dit la pub de lancement, un brin provoc. Dont acte.
En «extérieur nuit», ce vieux bistrot planqué dans un recoin du boulevard du Pont-d’Arve se donnerait plutôt l’air chinois, avec ses lampions rouges en devanture comme à Pudong. Mais c’est pour mieux leurrer le chaland.

Les patrons s’appellent Greg et Francis. La trentaine finissante mais vigouze, ces francs tireurs ont un casier alimentaire déjà chargé. Francis a sévi au «Kudeta», et Greg – 1’000 idées minute – fît jadis des siennes au «Demi-Lune» et «Chez ma cousine».

4ème dimension
La porte franchie, on bascule illico dans la 4ème dimension. Sous une forêt de lustres Murano violemment tamisés, une Madone cernée de bougies veille sur un cheptel de trophées de chasse aux bois repeints en vert anis. Même ton pour la cabine téléphonique anglaise relookée, plantée entre tables et bancs patinés.

Un maxi slogan «Eat Bambi» s’étale sous une corniche, sans doute pour sonner la saison du gibier. Le clou: la «Salle Safari», avec léopard naturalisé et films au format XXL projetés en continu. On y visionne, entre deux bouchées, Schwartzie en Monsieur Univers, Elvis faisant le malin en pêchant le Marlin et Tarzan rossant un alligator. Le tout sous-titré en Arabe, s’il vous plait.

C’est peu dire que l’ambiance colle au scénario. Tête à tête romantique, s’abstenir. Ici, tout n’est que bandes, rigolades et promiscuité. Moyenne d’age, 25 ans; Bobos, filles émancipées par tablées et musique «à donf» après 23h.

Crème de chanterelles
La carte, à l’humour décalé comme tout le reste, propose 20 plats dont une demi-douzaine de variations de la moule. Mais à la nouvelle cantine de King Kong, la cuisine reste classique jusqu’au bout des jongles… Terrine de faisan, crème de chanterelles, moules poulettes, tartare de veau et boeuf, ananas confit et mascarpone fouetté s’en tirent plutôt bien. Compter Fr. 60.- p.p. hors boissons. Les vins, joliment sélectionnés, nous font le tour du monde en ballons.

Jusqu’au café servi avec des Malabars – le chocolat suisse a-t-il un avenir? -, on a passé ici l’une des soirées les plus gaies de la rentrée. Le service, aimable et gentiment speed, joue la sincérité. On lui souhaite une chose, à l’Universal: tenir bon l’affiche.

Universal Café
Bd du Pont d’Arve 26
1205 Genève
0227811881

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« Les Tours de tables » du Baron de la Fourchette