Il y a parfois des choses que l’on regrette d’avoir dites. Ainsi, lorsque notre Président de la république avait laissé entendre, il y a quelques semaines, que le murmure de la rue n’était pas de nature à l’impressionner, sans doute aurait-il du tourner sept fois sa langue dans sa bouche avant de s’exprimer. Car depuis, la crise a continué à prendre de l’ampleur et le murmure a enflé jusqu’à devenir un cri perçant, obligeant finalement le gouvernement à réviser sa politique de relance de l’économie.

Dorénavant à la crise sociale répondent donc des mesures sociales. Mercredi 18 février, au sortir du sommet social de l’Elysée, Nicolas Sarkozy annonçait toute une série de mesures pour venir en aide aux familles les plus modestes ou touchées par la perte de leur emploi. Baisse de l’impôt sur le revenu, meilleure indemnisation du chômage et du chômage partiel, nouvelles prestations familiales… apporteront un peu d’oxygène à de nombreux ménages asphyxiés par la crise. Un cadeau surprise de 2,6milliards d’euros, portant ainsi le score à « 8 contre 2,6 en faveur du patronat » selon la formule de Bernard Thibault, secrétaire général de la CGT, en référence au 8 milliards de suppression de taxe professionnelle accordés aux entreprises.

Mais au-delà du match, on peut surtout s’interroger sur l’efficacité de ces mesures pour une véritable sortie de crise. En effet, la disparition de la TP sera-t-elle suffisante pour redonner aux entreprises l’envie (et les moyens) d’investir ? Et les quelques centaines d’euros grappillés par les familles pauvres auront-ils une incidence sur la confiance des Français susceptibles de relancer durablement la consommation ?

La seule certitude est que le cumul de ces mesures aura pour conséquence certaine d’alourdir encore le déficit budgétaire de la France malgré les avertissements de Bruxelles.