Pour comprendre ce qui différencie un être humain d’un autre, on n’a pas trouvé mieux encore à ce jour comme science humaine que la caractérologie. Dédaignée, hélas, par les universités occidentales au profit des méthodes psychanalytiques entre autres, on constate pourtant que tous ceux qui ont laissé un nom, comme Pavlov, C.G.Jung, Freud, Adler, et globalement tous ceux qui composent le tissu basique de la psychologie contemporaine, voire de la sociologie, de l’éthologie et de l’anthropologie, ont utilisé la caractérologie.

En effet, la diversité des caractères humains est telle, que, pour en comprendre les mécanismes, il convient d’établir les caractères communs entre individus, générant des familles caractérologiques, afin d’affiner de plus en plus ce qui différencie chacun d’entre nous. Ainsi naissent les typologies, avec types et sous-types, qui sont comme des repères dans la grande jungle des différences comportementales sur lesquelles le caractérologue s’appuie pour qualifier au plus près de sa véridicité celui ou celle qu’il observe.

Caractères innés
Depuis l’antiquité, la question du déterminisme de nos caractères se pose dans l’idée d’un certain nombre de caractéristiques qui orienteront notre parcours de vie: caractères physiques qui ont été étudiés par le génie génétique, et caractères psychiques, beaucoup plus difficiles à établir, et que l’hérédité ne suffit pas à expliquer. Pourtant, nous naissons tous différents, et plus on avance de 0 à 21 ans, plus les formes du corps autant que les formes d’esprit, se distinguent. A cet âge là, déjà, des caractéristiques permanentes indépendantes du milieu culturel, social, ethnique, et même climatique, révèlent de plus en plus des caractères suffisamment stabilisés pour qu’au décès d’une personne, un fil rouge la rendra reconnaissable comme un violent, un tendre, un impulsif, un dominant, un peureux, un extraverti, un introverti, etc… C’est précisément sur cette base que l’observation rigoureuse du mode de motion de l’espace d’un individu, de ses composantes morphologiques, de son degré de sensibilité sensorielle, intellectuelle et émotionnelle, vont renseigner par une vision extérieure sur ce que l’intérieur détient comme agrégation de caractéristiques pulsionnelles, qui anime chaque individu différemment dans sa course terrestre.

Caractères acquis
Les caractères acquis ont très bien été étudiés par la psychanalyse en particulier, et différentes formes de psychologie comportementales qui laissent beaucoup de place aux influences culturelles, familiales, éducatives, événementielles, et globalement ce qu’on appelle les conditionnements dans lesquels chaque être humain est posturé, tant qu’il n’a pas la liberté de conscience pour s’en dégager ou les intégrer. Il est évident qu’un enfant né avec des parents aimants dans un milieu zen ne va pas se conduire de la même façon qu’un enfant né sous les bombes du Vietnam avec des parents choqués et devenus hystériques au moindre bruit devenu synonyme de mort imminente. Une des plus grandes erreurs de l’Occident a certainement été de vouloir réduire l’individu quasiment à ses caractéristiques acquises, et particulièrement dans la petite enfance, comme seul ingrédient psychique pour expliquer les névroses, déséquilibres, ou comportements de quelqu’un par son seul historique. Le caractérologue utilise pour investiguer aussi bien les caractéristiques innées qu’acquises, mais en synergie. L’action d’une tendance innée rencontrant des conditionnements acquis pourra expliquer d’une manière beaucoup plus complète et avec des chances de prévisibilité et d’anticipation fiables et vérifiables le comportement de celui qui cherche un emploi, dont on doit s’assurer les compétences pour diriger ou pour assister, pour s’occuper de sciences ou d’arts, et même pour découvrir sa morale propre. C’est cela le sens même du mot caractère: ce qui distingue au moral une personne d’une autre, si l’on s’en tient au très académique dictionnaire Littré.

Conclusion
On doit savoir que bien avant la mode de «l’intelligence émotionnelle», les caractérologues distinguent au moins 3 éléments constitutifs de la personnalité humaine qu’ils étudient séparément et en synergie. Il y a les caractéristiques instinctives et sensorielles, les caractéristiques émotionnelles et affectives, et les caractéristiques intellectuelles, toutes *intelligentes* . Pour les plus éveillés, une 4ème caractéristique, l’intelligence spirituelle, pourra expliquer un destin comme celui de Gandhi ou du Dalaï Lama.
A ceux qui s’intéressent aux comportements, ce n’est pas un retour à une vieille science périmée d’avant Wikipédia comme on veut la faire passer chez les ignorants de la caractérologie, qui compte, mais bien de voir que toute l’élite de la génération passée, et bien avant, d’Hippocrate à Darwin, ont utilisé la caractérologie comme moteur de connaissance. L’ensemble de ces savoirs constitue la matrice qui explique la cause des gestes, de l’expression des visages, de notre écriture unique, de nos formes du corps, et tous les comportements observables. La caractérologie? Actuellement, le chaînon manquant des «officiels» de la pensée psychologique, dite académique, pour voir plus clair.
Par Maxence Brulard, Graphologue/ Caractérologue. Diplômé de l’institut International des Recherches Graphologiques, Paris.
Expert international en écritures, Membre de la Société des Attachés de Presse.

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La caractérologie a aussi inspiré l’astrologie.
Chaque caractère humain peut révéler un caractère animal.
…De naissance !Pourquoi pas.