L e Pays de Vaud a connu une importante chasse aux sorcières entre le XVe et le XVIIe siècle. Durant cette période, on dénombre pas moins de 2’000 condamnations à mort !

Plus globalement, la Suisse, dans ses limites actuelles, détient non seulement la palme de la plus longue durée de répression de la sorcellerie, mais aussi, en proportion de sa population, celle du plus grand nombre d’individus poursuivis pour ce crime. Durant près de trois siècles, 5’000 personnes ont été mises en accusation et 3’500 d’entre elles ont été exécutées, avant tout par le feu, dont 60 à 70% de femmes.

Le château de Chillon a été un important lieu de détention de personnes soupçonnées de sorcellerie, en attente de leur procès ou en purgation de leur peine. Durant la période d’exercice du bailli Nicolas de Watteville entre 1595 et 1601, une quarantaine de personnes sont exécutées à Chillon, La Tour-de-Peilz et Vevey. Et encore 27 en 1613 ! Leurs Excellences de Berne notent « avec regret et tristesse » « à quel point la négation de Dieu et la soumission au mauvais esprit prend de l’ampleur auprès de nos sujets en pays Romand ».

A ce titre, la célèbre forteresse vaudoise constitue un cadre propice à une telle exposition. En partant des documents relatifs à Chillon, puis à la région (Riviera-Vaud-Suisse occidentale), celle-ci met en lumière cet aspect méconnu de l’histoire vaudoise.

La muséographie et le catalogue qui l’accompagne n’ont évidemment pas pour objet de faire frémir –mais on frémit quand même à la vision des supplices auxquels étaient soumises les malheureuses… Elle propose, par le texte et par l’image, un tableau de la folie ordinaire. Celle qui amenait parfois à conclure des pactes avec le Diable et, à l’inverse, celle des inquisiteurs qui pouvaient voir dans une dent creuse l’habitacle d’un esprit impur !

img18642.jpg

Du 9 septembre 2011 au 24 juin 2012