Il y a un mois, à cette même place, nous vous rendions attentif à la future décrue de la conjoncture mondiale, européenne et suisse dans les mois à venir. Et nous déplorions la volonté de notre banque nationale de durcir, à nouveau, sa politique monétaire. Si nous étions paresseux, nous aurions pu – mais vous vous en seriez bien entendu rendu compte – copier/coller notre dernier texte. Ce que nous pronostiquions, s’est malheureusement avéré juste. Et la Banque nationale a, de nouveau, mis le doigt dans le pot de confiture en donnant un nouveau tour de vis à sa politique monétaire. Mais pour Jean-Pierre Roth, son patron, la conjoncture va s’accélérer, bien qu’il dise clairement que, si elle relève ses prévisions pour 2006, elle prévoit une baisse de croissance pour 2007 déjà. C’est-à-dire demain. Est-ce le risque inflationniste qui lui dicte sa conduite ? Sans doute pas, puisqu’elle ne prévoit que 1,3%, en moyenne, cette année.
On est dans la même épure quant à la conjoncture mondiale qui fait preuve d’une particulière vigueur, avec un taux de croissance de plus de 5% prévu cette année. Une croissance donc qui ne se dément pas depuis des semestres et des semestres mais dont la vigueur va, comme en Suisse, s’estomper ces prochains mois.
La hausse des matières premières et du pétrole que l’on attend toujours à plus de 70 dollars le baril l’année prochaine mais aussi l’échec de Doha et, bien entendu, les déséquilibres entre les régions et ceux de l’administration et du commerce extérieur américains. Certes, il ne faut pas peindre le diable sur la muraille mais force est de constater que nous risquons d’entrer dans une période plus turbulente et que les affaires risquent de devenir plus difficiles. Il y aura, à coup sûr, des à-coups sur les marchés financiers qui devraient toutefois se reprendre. Globalement, malgré la hausse de ces dernières semaines, la bourse est toujours bon marché même si la volatilité va se retrouver renforcée ces prochaines semaines.