La Banque Nationale Suisse vient donc de donner un nouveau tour de vis à sa politique monétaire.

Dans l’indifférence, car elle est encore très accommodante et même expansive puisque le taux neutre, celui qui ne pousse ni ne freine la conjoncture, doit se situer entre 2 et 2,5%.
De plus les dernières statistiques conjoncturelles marquant une forte embellie des affaires étaient tombées à point.

Après la relance, la stratégie !
Jean-Pierre Roth a donc pu, en toute bonne conscience, tracer un portrait flatteur de l’économie suisse. La progression s’accélère, la consommation va croissant et les investissements ont le vent en poupe.

Et l’on sait le raisonnement profond du patron de la BNS. On vient de loin et on a du mettre en place une politique particulièrement incitative pour tenter de relancer la machine économique. Maintenant que la situation est à peu près saine, la BNS doit refaire des munitions pour pouvoir agir sur les taux, en cas de besoin et notamment d’attaque sur le franc. Car, à l’évidence, ce ne sont pas les risques inflationnistes qui peuvent justifier ce resserrement.

Dangereux tour de vis ?
Même s’il est accepté – et salué par une très grande majorité – ce tour de vis est, il faut avoir le courage de le dire, dangereux pour l’économie de notre pays. Une économie qui est certes florissante en 2006 mais qui subira un sérieux coup de barre dès l’année prochaine avec un fort recul de l’activité. Et l’on sait bien que ce tour de vis va, un peu plus freiner et refroidir la conjoncture. Et peser sur l’immobilier et induira une hausse des loyers, que cela plaise ou non. Et des loyers plus chers, c’est autant d’argent de moins pour la consommation qui est le moteur essentiel de l’expansion.

Non décidemment malgré le satisfécit de la quasi-totalité des commentateurs et des politiques on ne peut pas être totalement satisfait de la décision de la BNS.