En novembre, le chômage a augmenté de 7,2 % dans l’Ain contre 4,5 % en Rhône-Alpes et 3,2 % en France. « Hors crise, notre territoire est celui d’une économie qui se porte bien et d’un faible taux de chômage. Mais nous avons une fragilité : un nombre important d’intérimaires et de CDD, un levier de régulation important, analyse René Ducarouge, animateur du contrat territorial emploi et formation du bassin de Bourg-en-Bresse. Aussi, fin 2008, avec la crise, on observe une accélération phénoménale du chômage. En l’espace de trois mois, Renault Trucks et Lamberet ont remis un peu plus de 600 personnes sur le marché du travail. Là où l’emploi est structuré de manière durable, les effets de la crise ne se feront sentir qu’en mai-juin. D’ailleurs, notre territoire sera probablement à nouveau impacté au deuxième trimestre. »
Le plein-emploi dans l’Ain n’était-il qu’un mythe ? Si le département se porte effectivement bien mieux que beaucoup d’autres, les chiffres officiels du chômage ne prennent en compte que la première catégorie. Il en existe huit en tout. Ainsi, au mois de mars, on annonçait quelque 4 000 chômeurs de catégorie 1 sur le bassin de Bourg, alors qu’ils étaient un peu plus de 7 500 toutes catégories confondues, soit 1,8 à 1,9 fois plus, presque le double. On considère le plein-emploi en dessous de 5 % de chômage. A l’époque, l’Ain affichait un taux de 4,7 %.
En réponse à cette fragilité révélée de la structure de l’emploi dans l’Ain, d’aucuns suggèrent qu’il pourrait être nécessaire de diversifier l’activité du territoire avec davantage de tertiaire privé et d’entreprises à hautes technologies faisant appel à l’innovation. On créerait ainsi des emplois nécessitant une qualification supérieure. Parallèlement, il faudra se pencher sur la qualification des demandeurs et sur l’emploi féminin.