Agriculture : la crise vue par les autres voix du monde paysan

par | 28 Fév 2024

Eux aussi fortement mobilisés dans la crise qui secoue le monde agricole, la Coordination rurale et la Confédération Paysanne des Savoie font entendre des discours quelque peu différents.

L’espoir est bien là. Dans le monde agricole des Pays de Savoie, les quatre syndicats professionnels représentatifs sont au moins d’accord sur ce point : tous attendent beaucoup des mesures promises par le Gouvernement.

Derrière la FDSEA et les Jeunes agriculteurs (JA), qui représentent le gros des troupes (57,60 % des suffrages exprimés lors des dernières élections à la Chambre d’agriculture Savoie Mont-Blanc), la Confédération paysanne (23,57 % des suffrages exprimés, 150 adhérents environ) et la Coordination rurale (18,83 %, 100 adhérents) disent elles aussi leur satisfaction, teintée toutefois de nuances et de garde-fous, à l’image de l’ADN qui leur est propre.

Noémie Lachenal, co-porte-parole de la Confédération paysanne de Haute-Savoie, reconnait que la simplification administrative qui a été annoncée, « soulage tout le monde ». Mais elle avoue aussi une certaine déception : « Nous attendions quelque chose de plus structurel, à savoir des prix planchers pour nos produits, en-dessous desquels nous ne pourrions pas les vendre. Cela nous garantirait un revenu minimum ».

Des prix qui devraient, selon la Confédération paysanne, être assortis d’une « régulation » pour éviter toute surproduction. « Il ne s’agit pas de tout bouleverser, mais de réorganiser, précise-t-elle. Il y a 30 ans, nous avions des prix planchers : les quotas laitiers et les quotas sur la viande. Il faut imaginer un système qui permette de faire vivre tout le monde sans détruire notre outil de travail. »

Début février, la Confédération paysanne 74 a organisé un marché paysans sur le Pâquier pour sensibiliser le public aux problèmes des agriculteurs. Copyright : Maude Girard

La Confédération paysanne s’oppose par ailleurs à la suppression des normes, notamment environnementales, prônées par la FDSEA et les JA.

« Ce n’est pas en utilisant plus de pesticides qu’on s’en sortira ! peste cette éleveuse de brebis en bio. Le plan Ecophyto national n’était déjà pas très ambitieux. Lui imputer la responsabilité du malaise paysan n’est pas juste. Si l’agriculture se porte aussi mal aujourd’hui, ce n’est pas à cause de cela. D’ailleurs, les paysans sont les premiers à s’exposer en utilisant ces produits, ils polluent également la terre et l’eau dont ils ont besoin. Pour moi, c’est un retour en arrière qui n’apportera rien de plus. »

Selon elle, il faut bien plutôt profiter de cette situation inédite pour imaginer autre chose, notamment en accompagnant les fermes vers des transitions, vers des diversifications, tout en tablant sur le temps long. Surtout, la Confédération paysanne appelle à sortir des traités de libre échange « qui font rentrer en France des produits défiant toute concurrence ».

Sur ce dernier point, elle est rejointe par la Coordination rurale qui demande « l’exception agri-culturelle », pour reprendre les mots de son président local, Gilles Châtelain. Lui aussi se dit pour l’allègement administratif et pour le « bon sens ».

« On est allergiques aux règles pondues par des fonctionnaires hors sol qui ne connaissent pas le métier », gronde-t-il avant de souligner cette « énergie du désespoir qui nous a poussés à agir », même dans les Savoie. « Certains disent qu’on est à l’abri de tout dans nos départements avec notre lait payé plus cher grâce aux AOP et aux IGP, mais notre temps de travail et nos charges sont bien plus élevés qu’ailleurs ! »

Pour lui, le pouvoir d’achat des producteurs « a fondu comme neige au soleil » et les retraites sont « dérisoires » pour une profession pourtant indispensable. « Notre cheval de bataille, c’est la liberté d’entreprendre et l’indépendance », rappelle-t-il, tout en soulignant que son syndicat est passé d’une dizaine d’adhérents à sa création il y a une douzaine d’années à une centaine aujourd’hui, ralliant même à sa cause des ex-responsables des Jeunes agriculteurs.

La Confédération paysanne milite pour que la France sorte des tarités de libre échange. Copyright : Maude Girard

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