A Genève, entre 1965 et 2005, la température annuelle moyenne s’est nettement orientée à la hausse. Parallèlement, l’ensoleillement a augmenté et les précipitations ont passablement fluctué, avec toutefois une baisse sensible des chutes de neige. La période charnière de cette évolution se situe au milieu des années 80. Cependant, en matière de climat, la prudence est de mise, car seules de très longues périodes d’observation permettent d’obtenir une tendance incontestable.

Température moyenne en hausse
La température annuelle moyenne de l’air a un caractère indicatif, puisqu’elle gomme l’ampleur des fluctuations en cours d’année. Elle permet cependant de suivre l’évolution des températures sur de longues périodes. Selon les directives de l’Organisation météorologique mondiale, la valeur moyenne de référence (dite valeur normale) se calcule sur 30 ans, la dernière allant de 1961 à 1990 : pour Genève, elle est de 9,8°. Or, depuis 1987, les températures annuelles moyennes à Genève ont été en permanence supérieures à cette valeur, avec parfois des écarts importants : + 2,0° en 1994, 2000 et 2003. La tendance entre 1965 et 2005 (calculée par simple régression linéaire)montre une hausse de la température moyenne d’environ 0,6° tous les 10 ans.

Les températures maximales
Les températures maximales enregistrées depuis la mise en service, en 1962, de la station de MétéoSuisse de Genève-Cointrin datent également de ces dernières années : plus de 36° à plusieurs reprises, en juin, juillet et août 2003 (avec un pic record de 37,8° le 20 juillet 2003), 36,2° le 28 juillet 2005 et 36,1° le 11 août 1998.

Les écarts mensuels
Les écarts entre les températures mensuelles moyennes sont souvent importants d’une année à l’autre, notamment en hiver. De manière globale, on constate qu’entre 1965 et 2005 la hausse de la température s’observe sur chacun des douze mois de l’année.

Heures de soleil en hausse
A l’instar de la température moyenne de l’air, l’ensoleillement marque une hausse, se manifestant toutefois de manière franche seulement depuis la fin des années 80 (auparavant, la situation était plus contrastée). La moyenne des heures annuelles de soleil était de 1 726 heures pour la période de 1965 à 1984 (la valeur normale 1961-1990 étant de 1 694 heures). Elle passe à 1 845 heures pour la période de 1985 à 2005. A noter que le seuil de 2 000 heures annuelles, franchi 3 fois seulement entre 1965 et 1995, a déjà été dépassé à 5 reprises ces 10 dernières années. Mars, mai et juin, mois pour lesquels l’ensoleillement a le plus augmenté, font également partie des mois dont la température moyenne a le plus grimpé. En août, en revanche, la hausse de la température moyenne n’a été accompagnée que d’une faible augmentation de l’ensoleillement.

Neige en nette diminution
Entre 1965 et 2005, les précipitations, sous la forme de pluie ou de neige fondue, se caractérisent par d’assez fortes fluctuations et le bilan global de la période, par rapport à la normale 1961-1990 (970 mm annuels), fait état d’un léger déficit : – 220 mm sur l’ensemble de la période. Des années
particulièrement sèches, comme 1991, 2003 et 2005, ont été «compensées» par des années très pluvieuses, comme 1999, 2001 et 2002. A noter cependant que le nombre annuel de jours avec précipitations (jours avec au moins 0,3 mm de pluie ou de neige fondue tombée) reste relativement stable, nous laissant pour l’instant à l’abri d’épisodes paroxystiques (fortes chutes concentrées en peu de temps) particulièrement nuisibles à l’activité humaine et à l’environnement. Le recul des chutes de neige, en revanche, est flagrant : jusqu’au milieu des années 80, il n’était pas rare d’assister à des précipitations neigeuses dépassant les 50 cm par année; depuis 1987, ce seuil n’a été franchi que l’année dernière.

img211.jpg

Genève au coeur du réchauffement climatique