Vous avez déjà entendu parler du projet de renaturation de la Petite Grave sur la commune de Cartigny ? C’est normal, c’est une aventure qui dure depuis 2009 pour Pro Natura Genève. Le terrain classé réserve naturelle en 2011 a eu plusieurs vies, successivement une mare, un site d’extraction de gravier puis un lieu de stockage et de tri illégal. Pro Natura Genève a acheté ce terrain situé en zone agricole aux enchères en 2009 avec pour mission de le rendre à la nature et à l’agriculture.

Aujourd’hui, le site est en plein chantier afin d’y réaménager une zone naturelle favorable aux différentes espèces qui vivent dans ce type de milieux humides, tandis que la moitié des 2 hectares que compte la Petite Grave sera remise en état et vendue à un agriculteur de la région, comme exigé par la Commission foncière agricole.

Etre propriétaire pour garantir la protection

Cette zone agricole était exploitée de manière illégale pour le traitement du gravier provenant d’autres sites alors que son exploitation in situ était terminée depuis 1960. Cette situation a perduré jusqu’en 2013, lorsque Pro Natura Genève a enfin réussi à imposer ses droits en tant que propriétaire et mettre fin à cette occupation. Un budget de près de 2 millions de francs est nécessaire pour démolir les infrastructures industrielles dont le plus gros symbole était le concasseur vertical, puis commencer les travaux suite au plan de gestion et au plan de renaturation. Dès janvier 2016, les machines de chantier se sont relayées pour les importants travaux de remise en état : dessouchage, terrassement, évacuation de matériaux, remblayage et aménagement de mares. Les travaux s’étendront jusqu’à la fin de l’année avec les dernières plantations pour une inauguration officielle en 2017. Pro Natura a pu compter tout au long des démarches sur le soutien de la commune de Cartigny, mais aussi, pour la renaturation, sur le soutien financier de la Direction Générale de l’Agriculture et de la Nature de l’Etat de Genève et d’une fondation privée genevoise.

Coasser en paix

Les batraciens seront les premiers bénéficiaires de la renaturation de ce lieu à fort potentiel biologique, humide et ouvert (comprenez : non forestier). La Petite Grave étant classée comme site de reproduction de batraciens d’importance nationale du canton de Genève (Obat), le plan de gestion prévoit notamment que les crapauds calamites, une espèce menacée, seront les premiers « colons » à s’installer dans cette zone humide très rares à Genève, avec des plans d’eau peu profonds et parfaits pour leur reproduction. La réserve naturelle étant assez petite, il n’est pas prévu de l’ouvrir au public qui apporterait une trop grande pression sur le milieu. Néanmoins les chemins tout autour de la réserve resteront accessibles aux promeneurs et la réserve du Moulin de Vert est aménagée pour accueillir le public à quelques centaines de mètres de là.

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Le crapaud calamite