Bastion de l’islam en Afrique et capitale de la Tunisie au 8e siècle, Kairouan célèbre depuis début mars les vestiges de son passé glorieux en tant que «capitale de la culture islamique» pour 2009. Les festivités se dérouleront tout au long de l’année, faisant de Kairouan et de la Tunisie une destination culturelle majeure.

Comme Bakou, Kuala Lumpur ou N’Djamena avant elle, la cité «mystérieuse» plantée dans la plaine centrale de Tunisie (150 km de Tunis) vivra tout au long de l’année 2009 des festivités en hommage à la culture et au savoir qu’elle diffusa en Afrique du Nord, au Sud du Sahara et jusqu’en Méditerranée occidentale.

Inscrite au patrimoine universel
Inscrite au patrimoine universel de l’Unesco et considérée comme la 4e ville sainte de l’islam – après la Mecque, Médine et Jérusalem –, Kairouan fut le point de départ des conquêtes islamiques en Afrique après sa fondation par l’émir Okba Ibnou Naffâa en l’an 50 de l’Hégire (670 après J.C, se lit 50 H).
Fondée par le grand chef musulman Oqba Ibn Nafiâ en l’an 50H, la mosquée fut reconstruite entre 221 et 223 H par Ziada-Allah Ier qui lui donna la forme qu’on lui connaît aujourd’hui. En 248 H, Abou Ibrahim Ahmed agrandit l’oratoire, avec trois travées vers le nord, et ajoute la coupole au-dessus de l’entrée. La mosquée compte 17 nefs et 8 travées. Son plan rappelle celui de la mosquée des Omeyyades et s’inspire de la mosquée du prophète à Médine.

Un minaret en pierres romaines
Le dôme de la cour occupe le centre de la galerie de la Qibla, alors que le minaret se dresse au centre de l’enceinte nord de la mosquée. Construit en pierres romaines sur une base carrée, le minaret s’élève à 31,5 m de hauteur et mesure 10,5 m de largeur. Il a servi de modèle à plusieurs minarets africains à travers l’histoire.
Construit en bois de teck indien, le minbar de la grande mosquée de Kairouan, le plus ancien du monde musulman qui est resté presque intact, se compose de plus de 300 pièces sculptées et assemblées; les panneaux, d’une exceptionnelle richesse ornementale, portent des sculptures végétales et ornementales qui reflètent la diversité des influences byzantines, iraniennes et islamiques.

La grande mosquée se distingue également par ses toits en bois verni et lissé, qui remontent à diverses périodes historiques étalées sur plus de 1000 ans. Ils s’ajoutent à sa Maksoura (une clôture qui isole l’imam des fidèles pendant la prière) unique en son genre, avec son bandeau épigraphique réalisé par Al-Moîz Ibn Badis en 425 H.
Philippe Amez-Droz

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Les festivités ont démarré début mars avec un impressionnant spectacle de jeux et lumières projeté sur la Mosquée de Kairouan.