Selon la statistique suisse de l’aide sociale dans le canton de Genève en 2007, 16’615 personnes ont bénéficié d’une prestation d’aide sociale au sens strict, soit 3,8% de la population. Ce taux se situe au-dessous de la moyenne des taux d’aide sociale des autres cantons romands et du canton de Berne. Il s’explique par l’éventail des prestations sociales cantonales allouées en amont de l’aide sociale au sens strict.

Le canton de Genève dispose de plusieurs prestations supplémentaires sous condition de ressources. Celles-ci ont pour but d’empêcher que certaines situations ne rendent une personne immédiatement tributaire de l’aide sociale. Elles sont prévues pour répondre à des risques déterminés, comme la vieillesse, l’invalidité ou le chômage. Elles sont versées en complément d’assurances sociales insuffisantes ou pallient un soutien familial déficient et ont pour objet de garantir le maintien d’un minimum social à des groupes de personnes précarisées.

Les résultats du canton de Genève portent pour la première fois sur l’ensemble des prestations de l’aide sociale prises en compte dans la statistique, aide au sens strict et autres prestations octroyées sous condition de ressources (RMCAS, prestations complémentaires cantonales à l’AVS/AI, allocations de logement et avances de pensions alimentaires).

L’aide sociale au sens strict dans le canton de Genève: de fortes disparités entre les communes
48% des bénéficiaires de l’aide sociale habitent dans la ville de Genève. Le besoin d’aide sociale est sensiblement plus élevé dans les communes de plus de 10’000 habitants telles que Genève (4,5%), Carouge (5,7%) et Vernier (6,1%) que dans les petites et moyennes communes telles que Collonge-Bellerive (0,9%) et Bernex (1,9%).

Risque élevé pour les enfants et les adolescents
Le risque de dépendre de l’aide sociale varie fortement d’un groupe d’âges à l’autre. Les enfants et les adolescents (0-17 ans), qui ne représentent que 20% de la population genevoise, sont surreprésentés (31%) parmi les personnes bénéficiant de l’aide sociale au sens strict. Dans ce groupe d’âges, le risque d’être tributaire de l’aide sociale dépend toutefois du type de famille. Ainsi, la majorité des enfants bénéficiaires (49%) vivent dans des ménages monoparentaux et 24% dans des ménages formés d’un couple avec trois enfants et plus. Les personnes âgées (65 et plus) ne sont que très peu tributaires de l’aide sociale au sens strict (0,3%) car elles recourent essentiellement aux prestations complémentaires à l’AVS/AI.

Les prestations complémentaires cantonales à l’AVS /AI jouent un rôle important
Les personnes âgées, les veuves, les orphelins et les invalides ont droit à un revenu minimum, qui leur est garanti par le versement de prestations cantonales complémentaires à l’assurance-vieillesse, survivants et invalidité.

Les prestations complémentaires cantonales à l’AVS/AI représentent un appoint important pour couvrir les besoins essentiels pendant la vieillesse. En 2007, 12’243 personnes ont ainsi touché des prestations complémentaires cantonales à l’AVS et 9506 personnes des prestations complémentaires cantonales à l’AI. Le taux de bénéficiaires de prestations complémentaires cantonales à l’AVS
augmente nettement avec l’âge. 42% des personnes de plus de 90 ans ont besoin de telles prestations. Cela s’explique principalement par les frais occasionnés par le placement en établissement médico-social. Ce taux n’est que de 14% pour la catégorie d’âges de 70 à 74 ans.

L’allocation de logement sert principalement aux familles
L’allocation de logement est une aide financière personnalisée consentie par l’Etat genevois aux locataires dont le loyer représente une part trop importante dans leur revenu.

En 2007, 7285 ménages, totalisant 22’078 personnes ont bénéficié d’une allocation de logement, soit 5,1 % de la population totale. Parmi les dossiers ayant recours à l’allocation de logement, on trouve majoritairement des couples avec enfants (43%), suivi des familles monoparentales (29%). La proportion des couples sans enfants est très faible, ils ne représentent que 6% des dossiers.

L’aide aux chômeurs en fin de droits bénéficie aussi aux enfants
Les personnes qui sont au chômage et qui ont épuisé leurs droits aux prestations de l’assurancechômage (régime fédéral et régime cantonal) ont droit à un revenu minimum cantonal d’aide sociale (RMCAS), versé par l’Hospice général, qui peut être complété par une allocation d’insertion.

La majorité de ces dossiers concerne des personnes seules (57%). Contrairement à ce que l’on observe pour l’aide sociale au sens strict, la proportion de familles monoparentales (19%) est égale à celle des couples avec enfant(s) (19%). Les couples sans enfant sont peu concernés par le RMCAS: ils ne représentent que 5% des dossiers. Les enfants et adolescents (0-17 ans), pouvant bénéficier de cette prestation via leurs parents, sont surreprésentés en termes de bénéficiaires (32%, alors que leur part dans la population est de 20%).

Les avances de pensions alimentaires: risque plus élevé pour les femmes
Les avances sont accordées aux enfants et aux ex-conjoints des avances de contributions d’entretien s’ils ne peuvent obtenir régulièrement le paiement des contributions d’entretien auxquelles ils ont droit et si leur revenu et leur fortune se situent au-dessous d’une certaine limite.

En 2007, 2’706 ménages, totalisant 5178 personnes, touchent une avance de pensions alimentaires dans le canton de Genève.

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Le système social genevois a une influence positive sur le taux d’aide sociale.