L’alpinisme, patrimoine de l’humanité ?

L’alpinisme, patrimoine de l’humanité ?

Les porteurs de la candidature vont bientôt savoir si l’alpinisme s’inscrira au Patrimoine Culturel Immatériel de l’Unesco. Résultat le 12 décembre.

Après neuf années de procédure, la demande de classement de l’alpinisme au Patrimoine Culturel Immatériel (PCI) de l’Unesco entre dans sa phase finale. Les résultats seront annoncés le 12 décembre 2019 lors de la 14e conférence intergouvernementale du PCI, à Bogota (Colombie).

Une candidature internationale

Une échéance très attendue par tout un territoire, le Mont-Blanc, et les trois pays concernés au premier chef – la France, l’Italie et la Suisse – qui se sont associés dans cette démarche longue et complexe. Parce que tous les acteurs du monde de la montagne sont impliqués, cette candidature est portée aussi par les collectivités, les fédérations, les clubs et les organisations professionnelles. Elle vise une reconnaissance de l’alpinisme comme Patrimoine Culturel Immatériel, label international créé en 1903 (Ndlr, 508 pratiques, portées par 112 pays, sont inscrites au PCI). Label selon lequel le patrimoine culturel ne s’arrête pas aux monuments et collections d’objet pour intégrer les traditions vivantes.

« Un facteur important du maintien de la diversité culturelle face à la mondialisation croissante », telle est la définition du patrimoine culturel immatériel de l’Unesco.

Une pratique, un mode de vie, un savoir-faire ancestral

À l’image de l’alpinisme qui, plus que l’art de gravir les montagnes, est une pratique, un mode de vie et un savoir-faire qui se transmettent de génération en génération, véhiculant des valeurs fortes, que sont la solidarité, la liberté individuelle et le sens des responsabilités. Avec le temps, l’alpinisme s’est mondialisé, comme l’atteste la création de l’Union internationale des associations d’alpinisme (UIAA) qui compte plus de 3 millions de membres répartis dans 90 associations et 69 pays. Quant à l’Union internationale des associations de guides de montagne (UIAGM), elle fédère 6 000 membres, dont 1 700 en France, dans 25 pays. Le dossier de candidature, composé d’un film de 10 mn, d’une fiche technique, de 10 photos et de 90 lettres de soutien, a été déposé officiellement le 6 mars 2018.

“L’alpinisme est l’art de gravir des sommets et des parois en haute montagne, en toutes saisons, en terrain rocheux ou glaciaire, par ses propres capacités physiques, techniques et intellectuelles, en utilisant des techniques adaptées, du matériel et des outils très spécifiques”, peut-on lire dans le dossier.

Reconnaissance suprême

Si l’alpinisme entre au Patrimoine Culturel Immatériel de l’Unesco, les conséquences seront multiples : la reconnaissance universelle à travers un label international, la reconnaissance de savoir-faire, de savoir-être et de valeurs spécifiques ancrées dans la pratique depuis des siècles. Par ailleurs, un texte permettra d’asseoir le défense de l’activité et de sa pratique, et tout aussi concrets, des engagements des États et des structures associées pour préserver l’activité et les conditions de sa pratique.

Une inscription au PCI permettrait de protéger l’alpinisme à l’échelle planétaire ©Pascal Tournaire

Par Patricia Rey

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