L’adhésion à l’art contemporain, non pas en tant que genre, concurrent de l’art classique et de l’art moderne, mais en tant qu’il est art et quand il l’est : voilà l’idée traversière qui anime cet essai composé de fragments plus ou moins brefs.
L’auteur y défend une attitude esthétique pour laquelle l’objectivité de l’oeuvre et des sensations qu’elle procure l’emporte sur toute prétention au jugement par avance.
L’art n’est jamais donné a priori, il est à conquérir a posteriori, lorsque la rencontre entre le donné d’un médium et la singularité d’un artiste réussit. Cela suppose qu’une visée ontologique rivalise avec l’attraction culturelle. Cela suppose aussi que soit requalifiée la singularité de la rencontre avec l’oeuvre et grâce à elle la surprise qu’elle rend possible, son pouvoir toujours imprévisible de proposer une sollicitation à penser, à élaborer.
Requalifier donc le pouvoir de l’œuvre : tel est le souci majeur, dont cet ouvrage se fait puissamment l’écho, en même temps que la tâche la plus urgente dont il représente un possible exemple.

Dominique Chateau
L’art comptant pour un
2009, 108 pages, 17 x 24 cm.
ISNB : 978-2-84066-281-5 ; 25 CHF / 15 euros.

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« L’art comptant pour un », de Dominique Chateau, aux éditions Presses du Réel