Les années «Hugues Gall» d’abord et «Renée Auphan» ensuite avaient porté très haut la barre. La petite scène d’art genevoise en était à rivaliser dans la Cour des Grands. Ces années là, dans de très sérieux rapports économiques, la culture de notre canton avait autant d’attraits que la sécurité. C’est ce qu’affirmaient un bon nombre de ceux qui, venant d’ailleurs, avaient choisi de s’installer à Genève.

C’était l’époque où sponsors et mécènes soutenaient sans – trop – se faire prier le Grand Théâtre et éprouvaient même du plaisir, voire de la fierté, de s’associer à la vie de notre opéra. Ah, que les temps étaient doux.
Mais que s’est-il donc passé? Pourquoi en sommes-nous arrivés à cette dégringolade: réputation fléchissante, scandales, drames et vraies tragédies. Si les accidents ne sont malheureusement pas prévisibles, qu’aurait-il fallut faire pour éviter la dégradation qui a touché au plan humain d’abord, technique ensuite, notre temple de l’art lyrique?

Il faut chercher une partie de la réponse dans l’arrogance, pour ne pas dire le mépris, avec laquelle on a traité de généreux donateurs qui soutenaient notre scène lyrique, par idéal et attachement à notre Cité. Ce comportement devait, un jour ou l’autre, porter à conséquences. C’est chose faite, Monsieur Pascal Holenweg. Et ce ne sont pas vos injurieux propos quant «aux rats qui quitteraient le navire avant le naufrage» qui aideront à reconquérir celles et ceux qui, sans obligation aucune, si ce n’est de contribuer au rayonnement de Genève et de son art, pourraient aider à boucler le budget conséquent du Grand Théâtre. Il est vrai que dans cet art de tuer le mécénat, vous n’avez pas été seul.

D’autres villes et cantons continuent de susciter des élans d’enthousiasme et créent les conditions qui donnent envie à des donateurs de léguer des biens à leur communauté et de démontrer ainsi leur attachement. C’était le cas très récemment à Fribourg dont l’Université recevait 100 millions de francs pour ses recherches en nanosciences de la part de l’industriel Adolphe Merkle, qui veut aider son canton et son pays à rester compétitifs!

Que les fêtes de fin d’année apportent dans le petit chausson de notre Opéra les cadeaux tant souhaités comme «rétablir la confiance» et «redécouvrir le partenariat entre la municipalité et le privé». Une relation respectueuse y contribuera. Souhaitons que la nouvelle équipe saura créer l’environnement approprié et que son action ne sera pas compromise par des interventions extérieures inappropriées.
Joyeux Noël à tous!