Laurent Walpen en toute confidence

par | 21 Jan 2008

Depuis 3 ans, Laurent Walpen assumait la fonction de délégué aux relations de la Genève internationale. Un poste important qui nécessite beaucoup de diplomatie et d’entregent. L’Extension l’a invité à se confier avant son départ à la retraite… anticipée.

Que pouvez-vous nous dire sur la fonction de délégué aux relations de la Genève internationale?
Conformément à la Loi sur les relations et le développement de la Genève internationale, le délégué traite toutes les questions relatives à l’accueil et aux activités locales des organisations internationales. Il doit être consulté sur tout projet relatif aux affaires internationales et peut proposer des modifications légales ou réglementaires susceptibles d’améliorer les relations entre le canton et les organisations internationales

Avez-vous rencontré des difficultés dans l’application de la loi?
Le Parlement avait insisté pour que l’on crée un guichet unique. Dans les faits, la nouvelle répartition des départements décidée par le Conseil d’Etat n’a pas facilité la tâche car une grande partie des missions attribuées par la loi au délégué est toujours effectuées par la Chancellerie d’Etat. C’est le service du protocole, par exemple, qui continue de s’occuper de toute la problématique de l’accueil des ONG et du Centre d’accueil de la Genève internationale alors que le budget de ce centre est placé sous la responsabilité du délégué. C’est une anomalie qui sera certainement corrigée avec le temps.

Genève internationale et Genève locale: un rapprochement impossible?
Bien que cette question reste d’actualité, les deux communautés sont en réalité très mélangées. Je connais de nombreux diplomates qui participent activement à la vie sociale de leur commune ou font partie de sociétés locales. En revanche, il est vrai que cela est plus difficile pour ceux qui sont en poste pour de courtes missions. Le lien naturel avec la communauté non francophone se fait beaucoup grâce aux émissions diffusées par WRS-World radio Switzerland (anciennement WRG). La Fondation pour Genève et le Centre d’accueil de la Genève internationale mettent sur pied de nombreuses manifestations pour consolider les liens avec la population internationale.

La Genève internationale coûte-t-elle davantage que ce qu’elle ne rapporte?
Non, c’est exactement le contraire. La Genève internationale coûte environ 50 millions par an à la collectivité publique mais elle crée, par effet multiplicateur, de nombreux emplois. Ce sont plus de 3 milliards qui sont injectés chaque année dans l’économie genevoise et ceci sans prendre en compte l’apport des sociétés multinationales. J’estime personnellement que près de 100’000 emplois sont liés de près ou de loin aux activités internationales à Genève.

Quelles seront les mutations à venir des organisations internationales?
Elles subissent aussi de plein fouet les effets de la globalisation. De nombreux pays investissent des sommes colossales pour les attirer chez eux. De plus, elles doivent se restructurer et il faut s’attendre à des décentralisations, en particulier concernant le personnel du back office qui coûte bien moins cher en Asie qu’à Genève. Ce qui est important, c’est de conserver dans notre cité les quartiers généraux et les Etats-majors des grandes organisations internationales.

Est-ce que la Genève internationale est à même de pouvoir se développer à l’échelle de la région?
Non seulement elle le peut mais elle doit, car actuellement plus de 46 % des fonctionnaires internationaux vivent déjà sur territoire français.

L’implantation en Suisse et à Genève en particulier des OI et des Sociétés internationales s’expliquent-t-elles essentiellement pour des raisons économiques?
Certainement pas. Nous avons une qualité de vie exceptionnelle, un niveau de sécurité et une qualité des services et de la main d’œuvre qu’il est difficile d’égaler.

La tradition de la neutralité suisse coïncide-t-elle toujours avec sa politique d’Etat hôte?
Cela devrait être le cas mais la Suisse doit en permanence réaliser un exercice d’équilibrisme pour conjuguer les exigences de notre politique étrangère (nous sommes les gardiens des Conventions de Genève, ne l’oublions pas) et celles de notre politique Etat hôte qui implique des devoirs particuliers, en particulier de réserve.

Le nom du successeur de Laurent Walpen sera connu dans les prochains mois. Pour le lecteur intéressé voir le site: www.geneve.ch/internationale/le-bureau-du-delegue.

img7574.jpg

Laurent Walpen, délégué aux relations de la Genève internationale livre son sentiment sur cette fonction.

0 commentaires

Soumettre un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Découvrez également :

Publicité

Pin It on Pinterest