Le blues de l’entrepreneur

par | 11 juin 2014

Lorsqu’on est dirigeant de société, mieux vaut aller au travail avec plaisir et s’épanouir dans son environnement, si l’on souhaite pouvoir donner le meilleur de soi-même. Alors si tel n’est pas (ou plus) le cas, c’est sans doute qu’il est temps de passer à autre chose. D’ailleurs, considérant qu’un parti politique se gère approximativement comme une entreprise – c’est-à-dire avec l’ambition d’augmenter son nombre de clients, d’améliorer sa rentabilité et, si possible, sa rémunération personnelle – même Jean-François Copé ne dirait pas le contraire…

Une fois refermée cette parenthèse, voyons comment les patrons français se sentent aujourd’hui dans leur travail. D’après une récente étude réalisée par Ipsos, ces derniers, sans surprise, se déclarent globalement stressés, notamment par la conjoncture économique, et enfermés dans une situation qui ne correspond pas à ce qu’ils en attendaient. Cette impression, d’autant plus négative que l’entreprise est petite, se traduit par du découragement, par l’inquiétude du lendemain et par l’absence d’embauche.

Pourtant, 84% des chefs d’entreprises interrogés répondent que la création d’emplois représente leur première source de satisfaction. Dans les TPE principalement, où la gestion du personnel s’apparente encore souvent à celle d’une famille, l’arrivée d’un collaborateur supplémentaire génère souvent un sentiment de fierté. On est loin de la vision du chef d’entreprises froid et égoïste, qui se préoccupe davantage de ses marges que de ses équipes. J’ai d’ailleurs, souvent déjà, discuté avec de petits entrepreneurs qui ont mis leur entreprise et leur patrimoine en danger pour n’avoir pas réussi à licencier quand la situation l’exigeait…

Malgré ces difficultés – auxquelles s’ajoutent encore le manque chronique de temps et l’absence de visibilité pour les prochaines années – près de trois dirigeants sur quatre déclarent cependant que, si c’était à refaire, ils choisiraient à nouveau de diriger une entreprise.
Ainsi, l’esprit d’entreprendre demeure, et avec lui l’envie d’agir pour l’économie et pour l’emploi. Il serait dommage que la flamme s’éteigne par manque de reconnaissance.

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