La prudence budgétaire  défendue par le président, Jean-Paul Paget, ""ne fait finalement pas l’unanimité. Lundi 21 mars, des voix discordantes se sont élevées au moment du vote du budget primitif 2016 de la Communauté de communes des Vallons de la Tour. Alors que le président se réjouissait des excédents de fonctionnement dégagés l’an dernier, Alain Richit, ancien maire de La Tour-du-Pin, ouvrait le débat. Pointant les investissements prévus, en recul par rapport à 2015, il relevait : «Je trouve que tout ça manque de dynamisme. Notre collectivité n’avance plus. Elle gère ses acquis, elle se contente de poursuivre les actions engagées… Je crains que la CCVT perde son effet d’entraînement, son rôle de locomotive, au moment où nous allons intégrer les Vals du Dauphiné. à mes yeux, l’orthodoxie budgétaire a ses limites.»
Alors que Jean-Paul Paget mettait en avant la priorité donnée au développement économique, Alain Richit en rajoutait une couche : «En la matière, on nous avait dit vous allez voir ce que vous allez voir ! Or, mis-à-part l’augmentation des moyens pour les aides directes sous forme de guichet, notre politique économique manque de vision.» Ce n’était évidemment pas l’avis du président. Il citait l’aménagement de la ZAC de la Corderie, qui accueillera entre autres un “village des entreprises artisanales” (320 000 euros d’avance versés cette année au concessionnaire). Il rappelait aussi la participation de la CCVT aux travaux de transformation de la friche Pommier en bureaux d’entreprises (250 000 euros inscrits au budget 2016).  
Pour le reste, Jean-Paul Paget soulignait : «Les aides directes versées aux acteurs économiques ont permis l’an dernier l’installation d’un nouveau commerce à La Tour-du-Pin. L’enjeu de cette hausse de crédits est d’étendre le dispositif à l’ensemble du territoire.» Au final, si le budget primitif 2016 était approuvé à une large majorité, Alain Richit et Nicole Challaye s’abstenaient.

Maîtrise des coûts de fonctionnement, investissements en retrait
""Pour revenir sur les chiffres du budget général, le montant prévisionnel des dépenses de fonctionnement s’élève à 15,615 millions d’euros, contre 15,004 millions d’euros inscrits au budget primitif 2015. L’objectif de “maîtrise” fixé par Jean-Paul Paget dans un contexte de recul des dotations de l’état est atteint. L’exécutif pouvait faire valoir que l’épargne nette prévisionnelle était de l’ordre de 652 000 euros, «alors que l’on a craint qu’elle se réduise à 300 000 euros.» Jean-Paul Paget soulignait : «Cette capacité d’autofinancement est intéressante pour les investissements.» Côté recettes, les taux des taxes pour les particuliers et les acteurs économiques (Cotisation foncière des entreprises) restent inchangés.
La section d’investissement 2016 s’équilibre pour sa part à 7,019 millions d’euros en dépenses et recettes. L’enveloppe prévisionnelle grimpe à 15,151 millions d’euros si on ajoute les budgets annexes “actions économiques”, “eau” et “assainissement.” Pour revenir au budget général, les dépenses d’équipement seront de l’ordre de 5,316 millions d’euros en 2016. Le recul est donc sensible par rapport aux investissements réalisés l’an dernier (7,569 millions d’euros). Il faut dire que la construction de la médiathèque “La Passerelle” représentait un gros morceau. Cette année, outre la ZAC de la Corderie et la friche Pommier, on peut citer, parmi les principales opérations, le financement du Plan Local d’Urbanisme Intercommunal (105 000 euros), les aides aux travaux de logement dans le cadre de Plan local d’habitat (105 500 euros), la poursuite des travaux au centre nautique (141 000 euros) ou encore l’amélioration des voiries communautaires et de l’éclairage public (342 000 euros).
S’il a bien voté le budget, Laurent Michel, maire de Le Passage, apportait un bémol : «Les finances sont bonnes, j’aurais donc aimé un budget 2016 plus ambitieux. Déjà, l’an dernier, on n’a pas engagé grand chose. Pour un futur mariage avec les Vals du Dauphiné, je ne pense pas que ce soit le meilleur signal. On ne fera rien en 2017, ce qui fait que l’on aura perdu trois ans…» La corbeille de la mariée sera plutôt jolie, c’est clair, mais Maryline Bel-Sicaud (Cessieu) s’interrogeait aussi sur les excédents reportés d’une année sur l’autre, «des sommes importantes dont on ne fera rien en 2016.» Jean-Paul Paget assumait, glissant : «Je rappelle qu’il y a 3 ou 4 ans, si les Vals du Dauphiné ne se sont pas faits, c’est parce que La Passerelle et le centre nautique de La Tour-du-Pin ont beaucoup fait parler.» A bon entendeur…  
Stéphane Perrin


2017-03-25