Jusqu’à la fin de l’année 2015, une exposition sur le thème “Confidences ""d’outre tombe” se tient au Musée dauphinois, à Grenoble. A  l’heure du vernissage, vendredi 19 décembre, le Nord-Isère était mis à l’honneur, plus particulièrement le village de Montcarra. En effet, cette exposition accueille le “Mort en bois” de Montcarra. Il s’agit d’un objet rare, unique en Isère. Voilà de quoi faire la fierté du territoire des “Balmes Dauphinoises”, mais aussi des habitants d’une commune qui vient (sans faire de jeu de mots) de sortir de l’ombre.
C’est Florence Perrissez, 1ère adjointe déléguée à la communication, qui représentait le maire, David Emeraud. Pour elle, ce catafalque n’est pas un nom des plus appropriés pour le “mort en bois”. Elle s’en explique : «L’objet ressemble à un cercueil sur pied. Il était autrefois utilisé comme symbolique pour la célébration de la mémoire des morts au cours d’une messe. Il a été répertorié dans le cadre de l’inventaire du patrimoine des Vals du Dauphiné par Sophie Dupisson, attachée de conservation au Conseil général. A l’époque, le maire, Marc Moulin, l’avait présenté au concours “Sauvez le patrimoine de votre commune” organisé par le Commissariat à l’Energie Atomique et aux Energies Alternatives en partenariat avec l’Association des maires de France. C’est à ce titre qu’il a été restauré par le centre Arc-Nucléart. Ce catafalque en bois polychromé date de la fin du XIXe siècle. C’est le seul objet de ce type qui subsiste sur le territoire, ce qui le rend d’autant plus précieux.»
Si c’est le seul à avoir été retrouvé en Isère, il faut savoir qu’il existe un autre catafalque dans le département de la Savoie, certainement plus ancien. Il est paré de peintures en médaillons représentant des bustes d’archevêques et de personnes plus humbles, montrant que la mort est égale pour tous les hommes et tous les rangs.

Confidences d’outre-tombe
""Que peuvent nous apprendre les morts sur leur vie ? Que recherchent les archéologues en exhumant des défunts des siècles passés ? Pour répondre à ces interrogations, le Musée dauphinois, le Musée archéologique de Grenoble, la Casemate (Centre de Culture Scientifique, Technique et Industrielle de Grenoble) et l’Inrap (Institut National de Rercherches Archéologiques Préventives) croisent leurs regards.
La nécropole Saint-Laurent de Grenoble, avec ses 1500 squelettes exhumés, est un terrain d’études dont les interprétations scientifiques renseignent sur les occupations humaines successives en Isère. En effet, des techniques d’investigation nouvelles permettent de faire “parler” les ossements sur l’âge, le sexe et l’état de santé des individus ainsi “auscultés”. Au-delà, les spécialistes interprètent les rites funéraires et l’organisation sociale des communautés à travers les âges. Enfin, le squelette est porteur d’une force allégorique et s’immisce dans la littérature, les beaux-arts, l’art contemporain, le design, la haute couture, la musique, le spectacle vivant… Certaines communautés l’utilisent même comme signe de ralliement ! Cette symbolique sera traduite dans la catacombe artistique par une quarantaine de répliques de crânes interprétées par des peintres, sculpteurs, tatoueurs ou dessinateurs. La mort a de beaux restes et entretient avec la vie de curieuses relations…
Infos pratiques : Musée Dauphinois, 30 rue Maurice Gignoux à Grenoble. Le musée est ouvert tous les jours sauf le mardi de 10h à 18h.
C. Muet


2016-01-16