Le Congrès des Maires de l’Isère élève le débat

Le Congrès des Maires de l’Isère élève le débat

C’est à l’Alpe d’Huez que la 62e édition du Congrès des Maires de l’Isère se déroulera. L’occasion de rappeler que l’Isère passe aussi par la montagne.

«On va trouver à coup sûr des titres comme le Congrès prend de la hauteur ou quelque chose comme ça ! », sourit Daniel Vitte. Il a cent fois raison ! Un journaliste tuerait père et maire pour un bon mot ! Voilà qui est fait ! L’Association des Maires de l’Isère (L’AMI) qu’il préside a décidé « à l’unanimité » d’organiser son prochain Congrès des Maires de l’Isère à l’Alpe d’Huez et, le moins qu’on puisse dire, c’est que les 900 élus qui s’y rendront, ainsi qu’une centaine d’autres personnalités du département, auront 21 fois le temps de se dire, qu’effectivement, l’Isère est bien un département de montagne.

Cela, même si “Alpe” donne plus à penser à la fondue savoyarde qu’au gratin dauphinois. 21, c’est aussi le nombre quasi mythique de lacets que les invités à la grande messe républicaine auront à gravir pour atteindre le point culminant de la journée (1850 m), tout comme le font, avec beaucoup plus de mal, il est vrai, les coureurs du Tour de France ou les 400 amateurs journaliers.

Un sacerdoce ?

« Même si 200 chaines de télévision retransmettent ce qui constitue l’étape incontournable de la Grande Boucle, nombreux sont les Isérois à penser encore que l’Alpe n’est pas dans leur département… », nous a confié, amusé, le maire de l’Alpe d’Huez, Jean-Yves Noyrey. Gageons qu’une fois que les invités du congrès auront foulé au pas de charge les chapiteaux, ils en reviendront plus convaincus, à moins qu’ils n’aient autre chose à penser !

À la veille de la prochaine échéance municipale, en effet, l’édition 2019 se fera dans un état d’esprit particulier… Encore que, comme se plait à le dire Daniel Vitte, lui-même maire de Montrevel, « il y a autant d’états d’esprit qu’il y a de maires ! ». En attendant, l’actualité, plus encore dans le nord du département, s’est focalisée sur cette série de premiers magistrats qui ont démissionné, ou, pour un dernier, mis carrément fin à ses jours. La fonction a parfois des airs de sacerdoce et, même pour un département qui a vu la Vierge apparaître à Notre-Dame-de-la Salette en 1846, les habits de maire ne sont pas ceux d’un curé.

De gauche à droite : Geneviève Billet (directrice de l’AMI), Christian Coigné (maire de Sassenage et vice-président de l’AMI en charge du congrès), Jean- Yves Noyrey (maire de l’Alpe-d’Huez), Antoine Rutigliano (gérant de Feu- Follet, société en charge de la logistique du salon) et Daniel Vitte (président de l’AMI et maire de Montrevel).

« Le nombre des maires démissionnaires est-il en augmentation ? Je reste prudent ! Une récente étude montre qu’on est dans la moyenne ! Pour autant, cela n’enlève rien à la difficulté d’être maire aujourd’hui ! C’est de plus en plus complexe et dévoreur d’énergie… 6 ans, c’est long ! Et puis, il y a la charge de l’intercommunalité ! La solution passet- elle par plus de fusions de communes ? Peut-être ! », s’interroge Daniel Vitte.

Même si la France est passée sous la barre quasi historique des 36 000 communes et n’en compte plus aujourd’hui “que” 35 498, elle vaut presque autant que l’Allemagne (11275), le Royaume- Uni (10375), l’Espagne (8100) et l’Italie (8000) réunies. Pour faire face à la crise des vocations qui sévit surtout dans les petites communes, fusionner peut être une solution.

D’ailleurs, l’Isère a déjà vu la création au 1er janvier 2016 de cinq communes nouvelles, parmi lesquelles, en Nord- Isère, Les Avenières Veyrins-Thuellin, en lieu et place des communes de Les Avenières et de Veyrins-Thuellin, et de celle de Les Abrets en Dauphiné, en lieu et place des communes de Les Abrets, La Bâtie Divisin et de Fitilieu. « Je ne sais pas si ces nouvelles communes sont une réponse à une problématique locale ou générale. Ce que l’on sait, c’est qu’à chaque fois la première étape a été le partenariat », assure Daniel Vitte.

Pas moins de 70 exposants sont attendus au Salon. C’est l’occasion de faire des rencontres et d’échanger avec des professionnels ailleurs que sur un chantier, même si aucun contrat n’est signé ce jour-là (cf. Congrès 2018 Heyrieux).

Trouver le bon périmètre

Il est fort à parier que l’État, soucieux de réaliser quelques substantielles économies en tenant compte de la difficulté des petites communes à trouver des candidats pour les administrer, voudra continuer à promouvoir les fusions.

« Il y a 19 intercommunalités en Isère, et ça ne peut tout de même pas devenir 19 communes ! L’intercommunalité éloigne les élus des citoyens. L’important est donc de trouver le bon périmètre de vie et de garder la proximité », tempère Daniel Vitte. Pour ceux qui pensaient que le Congrès n’était qu’un vulgaire salon, c’est manqué ! Sa matière première est la matière grise, comme la roche de l’Alpe, l’automne…

La montagne doit représenter 80 % de l’activité touristique »

4 questions à Yves Noyrey, maire de l’Alpe d’Huez…

Accueillir le Congrès des Maires est avant tout un honneur, mais c’est aussi une importante responsabilité ! Quel est l’intérêt pour votre commune ?

C’est l’occasion de tendre une perche aux autres maires du département en les faisant venir à la montagne. On nous sollicite souvent pour que le nom d’Alpe soit mis en avant (ndla : Le Département de l’Isère vient de créer et lancer la marque Alpes is (h) ere) et je me suis dit, pourquoi ne pas les inviter en leur montrant ce qu’on fait.

Vous pensez qu’on ne vous connait pas assez ? Le Tour de France vous met pourtant sacrément en lumière ?

L’Isère est vaste et la montagne, à un moment, n’était pas assez mise en avant. Heureusement, beaucoup d’efforts ont été fait depuis, et, c’est vrai, on nous voit à la télé. C’est important pour le tourisme car la montagne doit représenter 80 % de cette activité en Isère.

Justement, le Tour vous offre-t-il beaucoup de retombées ?

Sans conteste, oui ! On est quand même suivi par 200 chaînes de télé en direct. En fait, on est commercialisé par les tour-operators grâce à la montée de l’Alpe et au festival d’eurodance “Tomorrowland Winter” [ndlr : immense et excentrique manifestation de musique électronique] qui se tient désormais chez nous. La relance de l’embellissement de la station contribue également à notre attractivité.

“L’ISÈRE EST VASTE ET LA MONTAGNE, À UN MOMENT, N’ÉTAIT PAS ASSEZ MISE EN AVANT.”

Seriez-vous plus connu en Savoie qu’en Isère ?

En tout cas, sur le plan du ski, on est obligé de lutter avec la Savoie ! Pour l’organisation de Tomorrowland Winter, on était en concurrence avec Val-Thorens. On a gagné parce qu’on a l’expérience de l’événement et qu’on était prêt à l’organiser, même en mars. C’est d’ailleurs ce qui s’est passé cette année !


Par Éliséo Mucciante


Cet article est paru dans votre magazine ECO Nord Isère du 20 septembre 2019. Il vous est exceptionnellement proposé à titre gratuit. Pour retrouver l’intégralité de nos publications papiers et/ou numériques, vous pouvez vous abonner ici.

A propos de l'auteur

GROUPE ECOMEDIA

GROUPE ECOMEDIA, c'est le groupe de presse économique de Savoie Mont Blanc (74 et 73), de l'Ain (01), du Nord Isère (38) et de la région lémanique trans-frontalière avec Genève et les cantons romands.

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