Le Conseil fédéral retarde et je suis censé vous dire le temps qu’il fera à Pâques?

par | 6 Avr 2011

Or donc, ce magazine, comme tous les autres, prend un peu de temps à confectionner et me voilà contraint d’anticiper. J’aurais préféré écrire au jour le jour mais même là, se tromper devient la règle quand l’histoire s’accélère.

Où est-ce que ça va péter dans le monde entre le moment où je ponds ces lignes et celui où vous me faites l’honneur de les lire (ou parcourir)? Les premiers craquements en Afrique du Nord paraissaient routine au bout de quelque temps, d’ailleurs il fallut que TOUTE la région manifeste bruyamment pour que notre Conseil fédéral sorte de sa sieste. Comment? Vous protestez? Ah oui, il y eut bien une réaction. Celle des professionnels de l’assistance, coutumiers des urgences et rapides à mettre sur pied des moyens d’aider. Efficaces mais ne me faites pas croire que cela venait d’«en haut», ces organismes fonctionnent sans avoir besoin de trop demander. Non, les grands manitous n’ont rien vu venir, abrités derrière leurs gros monticules de paperasse, dans leur salle boisée filtrant les insupportables intrusions bruyantes d’un monde extérieur complexe. Cette absence de vision n’a rien de grave, admettons que les événements en ont surpris beaucoup. Jusqu’à une certaine autorité française, la ministre pour une fois maladroite Alliot-Marie, à proposer des moyens policiers pour aider la Tunisie à faire face aux manifestants. Oups, faut-il désormais que Juppé, le remplaçant de l’inhabile, propose ces mêmes moyens aux manifestants devenus défenseurs de la démocratie contre les anciens gouvernants?
Revenons chez nous, ne pas anticiper, tolérons ça, mais ne pas dire un mot, ou pas une phrase qui se tienne, cela commence à faire un peu groupe de scouts paumés dans les forêts denses et hostiles du bois de la Bâtie. Cher Conseil fédéral, ne rien brusquer, on est d’accord, on a l’habitude, mais tenter de prendre un peu de hauteur pour exposer quelques enjeux paraît un service minimum pour une fonction si élevée. Et par pitié, surtout pas ce que vous fîtes, agiter la menace d’une invasion de réfugiés. Combien étaient-ils à fuir la Hongrie dans les années 1950, à rester chez nous avant de repartir chez eux aussi vite que possible? Car bien des fuyards d’Afrique du Nord ont une belle envie de contribuer à construire un nouveau pays, chez eux. Soyez plus fort que votre peur, soyez seulement les ministres dignes que nous aimerions entendre.

On ne dort pas en parlant
Alors avant de nous interroger sur l’avenir, revenons un peu sur le passé. Cela va faire des semaines que le Salon de l’Automobile a éteint ses soleils. Oui, ses soleils car les nouvelles technologies ne se cantonnaient pas aux moteurs mais atteignent aussi les plafonniers, dispensant une lumière de folie provoquant un savant éblouissement. Mais je diverge. Une de nos éminentes ministres, la présidente de la Confédération en personne, se devait de prononcer quelques paroles inaugurales. Nous assistâmes interloqués à la lecture lénifiante d’un discours sans relief. Micheline Calmy-Rey faillit s’endormir en sursaut.
Le jour d’avant, notre TV («notre» parce que qui c’est qui paie?) annonçait l’ouverture de la plus grande manifestation de Suisse en… fustigeant les importateurs, coupables de ne pas répercuter la baisse de l’euro. Et le journaleux commentait en voix off l’intervention de l’un d’eux pour la qualifier de «gênée». Pourtant ce Suisse alémanique se débrouillait certainement mieux dans une explication demandant un peu de subtilité que le «TV-man» ne l’eût fait en allemand pour raconter outre-Sarine à quel point la fusion radio télé romande n’allait pas nous valoir l’aggravation d’une uniformité déjà bien consternante. Et puis le sujet datait, les autres médias en avaient parlé six mois auparavant…
Au même chapitre, la «mairesse» Salerno ou Mme le maire de la Ville si on veut l’appeler comme ça, exposait dans un quotidien sa critique de l’utilisation de jolies femmes autour des voitures. Continuez, critiqueurs myopes. Que ce salon soit un jour menacé, disparaisse, vous serez les premiers à monter sur de grands chevaux, même pas vapeur, pour crier à la trahison.
Des fois, j’aurais envie de ne plus être poli.

Un filet pour les riches
Des vedettes s’installent en Suisse, pour deux raisons, la tranquillité et la… tranquillité de leur argent. Pourtant, ils paient des impôts. Seulement, moins qu’ailleurs. On dirait que la France a compris que les prélèvements exagérés dissuadent les fortunes car un projet prévoit de revoir tout ça, pour «attirer les grandes fortunes». François Baroin, joli sourire et mèche folle, responsable du budget, déclare que le nouvel impôt sera «plus intelligent (sic), plus juste, plus en phase avec les réalités économiques». Petit bémol: «intelligent», on demande à voir et une précision fait froncer les sourcils, cette nouvelle manière de taxer devra être neutre pour les comptes publics. Autre précision dans ce projet: il n’est pas question de taxer d’autres personnes pour compenser. En clair, cela signifie: Mesdames et Messieurs les fortunés, on va continuer à vous tondre de manière exagérée mais ce sera plus «intelligent». Avec ça, le schmilblik progresse à grands pas et les grandes fortunes françaises n’ont pas encore à sortir les valises de leur armoire pour rentrer chez elles, ni celles d’autres pays à se laisser tenter par un eldorado aussi bricolé.

Banquier sage, pour combien de temps?
Un qui nous arracherait une larme de compassion, c’est Oswald. Le patron allemand de «ioubiesse» (UBS) ne touchera pas de bonus pour 2010, il renonce. On soulève le chapeau, juste un petit peu. Car M. Grübel va pouvoir tout de même payer son eau chaude avec ses 250’000 fr. par mois. Et puis il avait reçu un petit matelas de 13 millions en quittant sa banque précédente, donc il n’a pas besoin de compter sur les points de sa carte Cumulus pour manger.
Son collègue concurrent du Crédit suisse, Brady Dougan, garde ses petites manies américaines et sa rémunération atteint 90 millions pour 2010. Trente fois plus, je me demande combien de temps le Grübel va rester aussi modeste, il fait «cheap» avec ses petits sous. Mine de rien, le temps passe vite, qui se souvient encore de la débandade pendant laquelle on nous menaçait (encore!) de la perte de nos fleurons bancaires? Alors vivement Noël, qu’on fasse le bilan de cette année 2011 turbulente, bousculée et passionnante. Enfin, pour le moment, on a bientôt fait le tiers et t’as vu comment ça bouge? Accroche-toi, ce n’est pas fini!.

ZIGZAGS
Victime éternelle

Triste anniversaire, le Premier ministre suédois Olof Palme a été assassiné voici 25 ans. L’assassin? T’as l’embarras du choix, 130 personnes se sont dénoncées, la police a vérifié, pas une de crédible. C’est quoi ce fantasme d’avoir assassiné une personnalité? Avoir ses quelques minutes de gloire? En attendant, les enquêteurs pourront chercher le vrai tueur, la prescription pour ce genre de crime a été levée. Parfois, très longtemps après, des faits curieux révèlent la vérité.

Manie japonaise
Les Japonais aiment bien tout ce qui est propre en ordre. Ainsi, ils avaient trouvé le moyen de cultiver des pastèques cubiques, plus faciles à empiler et transporter. Ils plantent désormais un petit crochet dans une espèce d’huître, celle-ci prend la forme d’un cœur. Inutile mais tellement charmant. Bah, si cela peut favoriser les ostréiculteurs, peut-être que quelques Bretons devraient aller faire un tour là-bas?

Apparitions diverses
L’université de Hertfordshire a effectué une étude importante: combien de sujets de sa Majesté croient-ils aux fantômes? Résultat: un sur quatre contre 7% en 1950 et 14% en 1990. Explication: la télévision et toutes ses séries évoquant le paranormal, qui font qu’un craquement de parquet devient un signe. Et si c’était le contraire? Que les fantômes sont une réalité à britishland et que la télé s’est jetée sur ces bonnes vraies histoires?

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Par Gil Egger

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