Le conseiller d’Etat socialiste vaudois Pierre-Yves Maillard et la conseillère fédérale tout aussi socialiste Micheline Calmy-Rey ont dit tout le bien qu’ils pensaient d’une élection du Conseil fédéral par le peuple. Un système qui donnerait, selon eux, une meilleure légitimité à nos conseillers fédéraux et corrigerait leur image actuelle désunie.

Recyclage d’une vieille idée, abandonnée par l’UDC et même écartée par le Parti socialiste.
Les disputes n’ont jamais manqué au sein de l’exécutif à Berne. Le plus souvent confinées dans la salle feutrée où se réunissent les sept élus. Vinrent des jeux un peu plus personnels avec des déclarations ou des fuites plus ou moins volontaires. Puis un certain Christoph Blocher, «éjecteur» de Ruth Metzler avant de se faire lui-même éjecter. Des soubresauts, des broutilles pour peu que l’on en prenne la mesure en regardant ce qui se passe dans le monde. Cela ne commande pas de changer de mode d’élection. Car la «légitimité» est une illusion.
Dans le cas d’une telle élection, combien de candidats seraient admis? De quelle origine afin d’assurer la représentativité nécessaire? Faudrait-il interdire le riche sous peine de déséquilibre? Des complications, parfaitement inutiles.
Il y a plus grave. Un conseiller fédéral élu par le peuple n’a plus rien à faire du Parlement et même de son parti. Sa «légitimité», il la tire des voix issues des urnes, un point c’est tout. Il gagnera juste de l’arrogance.

Prisons
On ne sait que faire des petits délinquants qu’on ne peut renvoyer dans leur pays? On pense agrandir des prisons pour éviter qu’ils soient arrêtés un soir et de retour dans la rue le lendemain. Idée «de droite». En face, la gauche songe à faire quelque chose pour ces démunis qui n’ont rien d’autre que leurs trafics. Mais quoi?
Au milieu? Plein de silencieux qui n’ont pas grand-chose non plus et qui se demandent si leurs efforts sont bien judicieux, eux qui se débattent tout en restant dans la légalité. Ils n’ont pas les faveurs de la presse puisqu’ils n’ont pas d’histoire.

Tours
Genève va construire des tours. Plein de bureaux, d’appartements sur des tas d’étages. Une hauteur très Suisse, pas beaucoup plus que les 140 m du jet d’eau car il ne faudrait pas faire peur, on n’est pas à Kuala Lumpur avec ses gratte-ciels jumeaux à 452 m ou à Taipei à plus de 500. Pour l’instant c’est une idée. La première pierre n’est pas pour demain comme toujours dans ce pays.
En survolant Genève et en regardant plus attentivement que d’habitude, j’ai sursauté. Ce n’est pas une ville! Un des méandres de l’Arve, à quelques dizaines de mètres de groupes de bâtiments, est occupé par un terrain agricole aux sillons parfaits. Encore plus près de la ville, joliment alignés, des jardins familiaux. Et toutes ces zones villas si proches et si nombreuses!
Si un urbaniste venu de la planète Mars pouvait agir, il proposerait à l’évidence de transformer le champ labouré en un magnifique «central parc» et de construire des immeubles autour. Les petits potagers? Ils n’ont jamais rien eu à faire en ville, ou à 100 m à vol d’oiseau, les déplacer de 2 kilomètres ne tuera personne. Un nouveau quartier à cet endroit serait à la fois au centre et à la campagne.
Oser proposer des grands immeubles est déjà toucher à un petit tabou, merci au conseiller d’Etat Mark Muller et à tous ceux qui l’ont soutenu. Oser dire que Genève doit utiliser les parcelles agricoles toutes proches de son centre en est également un mais d’une tout autre taille. L’imprudent qui s’y risque va se faire fusiller.

Pourtant le taux de vacance des appartements est au plus bas. Rien d’étonnant. La politique qui a complètement gelé les investissements a porté ses fruits. Reste à mettre en place le mécanisme suivant: demander davantage d’impôts pour que ce soit l’Etat qui maîtrise le jeu. Et construise «ce qu’il faut». Le dirigisme a pourtant été si mal appliqué que l’on trouve des mixités absurdes un peu partout. Plus on veut contrôler plus on s’égare mais il y a toujours une très forte tentation. Par Gil Egger

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Micheline Calmy-Rey,élue par le peuple? Elle n’en ferait qu’à sa tête. D’ailleurs c’est déjà le cas alors vous imaginez!