La crise actuelle du «subprime» aux Etats-Unis a ramené les feux de l’actualité sur la problématique du crédit. Il faut dire que cette crise affole l’entendement par ses répercussions abyssales car ce sont des centaines de milliards de dollars qui se consument sous nos yeux sans que nous comprenions vraiment comment et pourquoi.

Mais si pour vous et moi cela peut paraître normal que les grands argentiers de notre planète et les plus grands banquiers assistent, impuissants, à ce carnage qui les engloutit, nous laisse pantois. Sans parler de ces dizaines de milliers de foyers américains qui se retrouvent à la rue après que leur habitation ait été vendue à l’encan. C’est toute la finance mondiale qui est mise à mal et par delà l’économie occidentale qui souffre et notre niveau de vie qui est tout simplement remis en cause ! Rien de moins…

Heureusement, il y a l’Entreprise!
Mais ne nous affolons pas, une nouvelle fois les fondamentaux – c’est-à-dire la force réelle des entreprises – devraient reprendre le dessus, les marchés financiers se stabiliser et l’économie repartir de l’avant. Il n’en demeure pas moins que cette crise doit nous conduire à réfléchir sur les «jeux» des apprentis sorciers de la finance et le, les poids du crédit dans notre société.

Le crédit: «un poco ma non troppo»!
Il serait trop long, ici, de traiter l’effroyable danger pour la Communauté des risques pervers engendrés par certains produits dérivés que plus personne ne maîtrise, mais la question du crédit, reste au centre de notre vie quotidienne. S’il y a des incertitudes, une chose est au moins sûre, sans crédit, c’est toute la machine économique qui s’effondrerait instantanément. Le crédit est aussi nécessaire à l’être humain que l’oxygène qu’il respire ou l’eau qu’il boit. La crise actuelle est d’autant plus grave qu’elle risque de conduire à un resserrement du crédit qui gripperait toute la machine économique mondiale. Ce sont uniquement ses dérives et/ou ses perversions qui peuvent nous mettre à mal. Le surendettement est aussi néfaste à l’Etat, au canton ou à la ville qu’il l’est pour l’individu quand il est mal maîtrisé et s’amplifie hors des possibilités de remboursement. Ce n’est donc pas le crédit qui doit être critiqué mais sa bonne ou mauvaise utilisation.

Coupable de la crise: l’excès!
Soulignons par exemple, que certaines formes de crédit ont relancé la machine économique d’une région et changé du tout au tout le niveau de vie de certains individus. Nous pensons notamment au micro-crédit qui en Afrique ou en Inde a permis à toute une frange de la population, qui ne pouvait aller voir une banque, de trouver l’argent nécessaire à lancer des activités économiques de base, transformant radicalement leur situation personnelle et créant un véritable élan économique local. Il en va de même pour le crédit permettant aux jeunes entrepreneurs de se lancer. La nouvelle technologie ou la création d’entreprises novatrices qui sont la richesse et notre niveau de vie de demain, ne pourraient exister sans cette manne. Ne jetons pas le bébé avec l’eau du bain, cette crise est une crise d’excès, non une crise de concept et de substance.