Le Liban subit des attaques par l’Etat d’Israël depuis mi-juillet qui cherche lui à mettre un terme aux activités terroristes du groupe et parti Hezbollah en zone frontalière. Derrière ces actes de guerres se profile une grave crise du droit international, le droit qui a justement pour but principal de maintenir la paix entre les peuples et entre les Etats.

Commentaire d’un internaute sur ces événements
« Je voulais juste présenter ce qu’un professeur de droit international pouvait dire récemment. C’est un peu long mais très intéressant.
«Le professeur de droit international entra dans l’amphithéâtre. Son cours portait ce jour-là sur les frontières. Il commença comme il se doit par la définition : «La frontière est la ligne qui sépare les territoires de deux Etats souverains». Pendant que les étudiants appliqués écrivaient, son regard effleurait la suite de ses notes. Venait alors la définition de la souveraineté (la compétence exclusive d’un pouvoir sur un territoire) complétée par le principe de l’égalité souveraine des Etats, puis le statut de la frontière en droit international, cette intangibilité que la Charte des Nations Unies garantit aux Etats à travers l’action du Conseil de Sécurité. Si l’intégrité territoriale d’un Etat est violée, ce dernier use de ses pouvoirs pour la rétablir et assure ainsi le maintien de la paix. À ce moment, une sorte d’épaisse nappe de brouillard se répandit dans le cerveau du professeur. Il se leva. Abasourdis, les étudiants ne le quittaient pas des yeux. Alors qu’en titubant il gagnait péniblement la sortie, les images s’entrechoquaient dans son esprit. Il prenait dans ses bras des enfants irakiens orphelins suite aux raids anglo-américains opérés régulièrement au-dessus du territoire de l’Irak hors de toute action collective. … Il se trouvait aussi dans un taxi collectif pris à la porte de Damas à Jérusalem pour aller à Ramallah et non seulement il avait déjà eu à franchir cinq lignes résultant du «processus de paix», mais il constatait que des fossés de quatre mètres de large isolaient dorénavant les localités palestiniennes. Il était caché dans les montagnes d’Afghanistan et il voyait arriver vers lui, grimaçants de haine, les commandos américains et britanniques chargés de capturer Ben Laden. «De quel droit avez-vous passé la frontière ?» voulut-il leur crier. Mais alors, le brouillard se dissipa dans son cerveau. Un bien-être léger l’envahit. C’est ce que ressentent les aveugles qui recouvrent la vue, se dit-il. Déterminé et détendu, il revint vers l’estrade, face aux étudiants. Restant debout, il dit d’une voix étonnamment ferme : «Le droit des frontières n’existe plus. Il a disparu avec l’échec du droit international parce que nous sommes sous le règne de la technologie et du pur rapport de forces. … Les étudiants se levèrent en silence et quittèrent la salle la mine grave. Ils avaient compris que le droit «international» avait vécu… »

Référence
Monique Chemillier-Gendreau, «Vous avez dit «frontières» ?», in Revue Le Passant Ordinaire, N° 37, nov-déc 2001.

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Un grillage, petite frontière