Le fondateur de Bubblefly interdit d’activité

par | 9 Juil 2021

Alain Thébault (photo), le concepteur de l’Hydroptère et des taxis volants sur l’eau via sa première start-up SeaBubbles et, désormais, Bubblefly (société de droit suisse dont le siège est à Genève) est sous le coup d’une condamnation à 7 ans de faillite personnelle, prononcée par le tribunal de commerce de Paris le 17 novembre 2020. En conséquence, l’entrepreneur ne peut plus diriger, administrer ou contrôler d’entreprise en France jusqu’à mi-novembre 2027.

« Fautes de gestion »

Cette décision est intervenue dans le cadre du règlement de la liquidation de sa première société SARL Hydroptère, intervenue en juin 2017. Dans son jugement, le tribunal relève que le dernier état du passif était de 509 595 euros et pointe plusieurs « fautes de gestion ». Il est notamment reproché à Alain Thébault de n’avoir fourni au liquidateur aucun des documents comptables demandés et de n’avoir déposé aucun compte annuel depuis l’exercice clos au 31 décembre 2011.

Le tribunal précise également que « tout au long de la procédure, le liquidateur a dû faire face à la carence totale de monsieur Alain Thébault, lequel ne s’est pas présenté au rendez-vous ; les convocations envoyées à l’adresse du siège et au domicile du gérant sont revenues avec la mention “destinataire inconnu à l’adresse” ».

Plus loin, le jugement souligne que « monsieur Alain Thébault ne pouvait ignorer l’état de cessation des paiements et a sciemment omis de demander l’ouverture de la procédure de liquidation judiciaire ».

Une « négligence »

Contacté, l’intéressé dit avoir découvert cette information il y a quelques jours seulement lorsqu’il a été sollicité par notre confrère suisse L’Agefi – qui a révélé l’information – et plaide la « négligence ». « Cette décision concerne un vieux dossier. On me reproche de ne pas avoir répondu aux courriers qui m’ont été adressés, alors que j’avais vendu mon appartement parisien pour financer ma traversée du Pacifique en Hydroptère. Et il n’y a pas de suivi du courrier au milieu de l’océan… »

Interrogé sur les implications de ce jugement sur la conduite de ses affaires, alors qu’il cherche à lever 45 millions d’euros pour faire décoller sa nouvelle start-up Bubblefly, Alain Thébault se veut serein. « J’ai mandaté mon avocat afin qu’il fasse le nécessaire pour essayer de faire lever cette interdiction. »

« On me reproche de ne pas avoir répondu aux courriers qui m’ont été adressés, alors que j’avais vendu mon appartement parisien pour financer ma traversée du Pacifique en Hydroptère. Et il n’y a pas de suivi du courrier au milieu de l’océan… »

Alain Thébault

Au-delà des faits, le navigateur-entrepreneur s’interroge sur la temporalité de la médiatisation de cette information et sur les motivations de la source qui aurait attiré l’attention de L’Agefi sur cette décision de justice. Alors que Bubblefly surfait sur une vague médiatique positive depuis quelques semaines, dans le sillage du salon Vivatech qui avait notamment généré plusieurs interviews télévisées et une photo avec le président de la République, Alain Thébault a le sentiment d’être victime d’une campagne de dénigrement. « Beaucoup de gens essayent de me descendre. »

Vers une guerre des bateaux volants ?

Mercredi 7 juillet, Baptiste Arribe, directeur de la stratégie de SeaBubbles (start-up qu’Alain Thébault a cocréée en 2016 et revendue en décembre 2020 au fonds d’investissement lyonnais Mediapps Innovation, et qu’il a quittée en février 2021), adressait un courriel à de nombreuses rédactions pour attirer leur attention sur cette condamnation.

« Un procédé nauséabond », selon Alain Thébault, qui dit étudier l’opportunité d’y donner une suite judiciaire. Sollicitée, la direction de SeaBubbles ne nous a pas répondu. Tout laisse néanmoins à penser que la guerre des bateaux volants ne fait que commencer…


Par Matthieu Challier

photo © Christophe Launay

0 commentaires

Soumettre un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Découvrez également :

Camille Pasquelin DG SNDec

Le SNdec change de tête pour accompagner la reprise

Le Syndicat national du décolletage nomme sa nouvelle directrice générale : Camille Pasquelin. Un nouveau cycle commence à la tête du Syndicat national du décolletage (SNdec). L’organisation vient d’officialiser la nomination de Camille Pasquelin en qualité de...

LIRE LA SUITE

Jacques a dit… réalise les rêves des seniors

Née en avril, cette jeune association s'est donnée pour mission d'illuminer la fin de vie des personnes âgées, en concrétisant un dernier vœu. Née de la volonté d’apaiser la fin de vie, l’association Jacques a dit… a pour ambition de rayonner nationalement. Cette...

LIRE LA SUITE

Citygie

Citygie diversifie ses horizons

Le leader des blocs sanitaires préfabriqués en France, notamment pour les toilettes d’autoroute, envisage le marché de la construction de maisons individuelle, ainsi qu’une filiale aux États-Unis. Citygie, c’est avant tout une marque, Francioli, qui produit depuis...

LIRE LA SUITE

Votre magazine ECO de l’Ain du 5 août 2021

100% en ligne, feuilletez votre magazine ECO de l'Ain n°31-32 du 5 août 2021 sur ordinateur, tablette ou smartphone. Réservé aux abonnés. Le saviez-vous ? Vous pouvez afficher la publication en plein écran, télécharger le document en .pdf, l'imprimer, mais aussi...

LIRE LA SUITE

Publicité

PUBLIEZ VOTRE ANNONCE LÉGALE EN LIGNE

Devis immédiat 24h/24
Attestation parution par mail
Paiement CB sécurisé

VENTES AUX ENCHÈRES

Consultez nos enchères immo

publicité

abonnement

TESTEZ LE PREMIUM

3.50€ pour 1 semaine
Paiement CB sécurisé
Déblocage immédiat
Tous les articles premium

publicité

ARTICLES LES + LUS

Pin It on Pinterest