Le Nasdaq devient vertigineux

par | 27 Avr 2017

Certains analystes imaginent déjà le Nasdaq s’orienter vers les 6500 points, voire 7000 cette année. Mardi soir, l’indice de référence américain est passé pour la première fois au-dessus du seuil des 6000 à la clôture. Soit 20% plus haut que les sommets de la bulle internet. Pour rappel, il avait fallu attendre mars 2015 pour que l’indice retrouve son niveau d’avant bulle, à 5000 points.
Deux camps assez traditionnels s’affrontent aujourd’hui: les uns attisent les craintes d’une nouvelle bulle, les autres estimant au contraire que le momentum et les fondamentaux sont porteurs et solides. Le Nasdaq a déjà engrangé plus de 12% depuis le début de l’année, ce qui en fait l’un des meilleurs placements. Il est aussi mécaniquement boosté par des investissements passifs en hausse, mais aussi par les performances boursières et financières des entreprises. Depuis l’an dernier, les technologies ont ainsi dépassé le financier dans le classement annuel de PwC des plus grandes capitalisations dans le monde.
Au-delà des résultats d’entreprises, les IPO mises en veille l’an dernier pour cause de conditions de marché défavorables pourraient également venir soutenir la croissance du Nasdaq.
Depuis que le Nasdaq a dépassé pour la première fois le seuil des 6000 points mardi soir, les commentaires affluent. Tout comme les rappels historiques et l’inévitable comparaison avec la bulle internet.
En 2000, les titres du Nasdaq étaient valorisés 69 fois leurs bénéfices, selon les statistiques de Thomson DataStream, un ratio qui est tombé à 28. Le Nasdaq est aussi moins spéculatif et plus diversifié: les valeurs technologiques représentent désormais moins de la moitié de la valorisation de l’indice, contre plus de 65% en 2000.
Ce sont toutefois toujours les valeurs technologiques qui tirent l’indice à la hausse: en particulier les GAFA, soit les plus grandes capitalisations. Ainsi, l’action Apple a progressé de presque 25 % depuis le début de l’année, pour atteindre une capitalisation de 758,28 milliards de dollars. Faisant à nouveau rager tous les investisseurs qui ont annoncé son déclin chaque trimestre… Sur la période, la hausse pour Facebook atteint 27 % (424 milliards de capitalisation). Le titre Amazon affiche quant à lui une hausse de 20 %, à 433,8 milliards. Enfin, le dernier membre du quatuor des GAFA, Alphabet (Google), enregistre +13 %, à 608 milliards.
Le poids de ces mastodontes dans l’indice peut inquiéter certains. Mais il peut représenter aussi un coussin de sécurité: ces GAFA, au premier rang desquels Apple, sont presque devenus des titres défensifs en comparaison avec certains titres bancaires aujourd’hui. Contrairement à certaines entreprises dont on peine à voir un modèle d’affaires convaincant se profiler (comme Snapchat), Apple ou Alphabet enregistrent des profits trimestriels qui se comptent en milliards. Depuis l’an dernier, le secteur des technologies a même dépassé celui de la finance dans le classement annuel de PwC des plus grosses capitalisations boursières mondiale.
Pour le reste de l’année, certaines entrées en bourse sur le Nasdaq, qui ont été évoquées mais reportées l’an dernier pour cause de conditions de marché défavorables, pourraient être relancées. S’il est vrai que certaines entreprises n’ont plus recours à ces opérations et qu’il y a un certain assèchement, quelques grands noms pourraient raviver l’intérêt. Et tant pis si le réseau social Snapchat a choisit le NYSE plut tôt que le Nasdaq. Ce qui n’est pas forcément une perte pour le Nasdaq vu l’évolution décevante du titre depuis son IPO début mars.
Parmi ceux qui pourraient choisir le Nasdaq, Uber fait l’objet d’une grande attention, avec une valorisation à plus 68 milliards de dollars. Cependant, il règne toujours un flou total sur un possible calendrier, et son CEO, Travis Kalanick, souhaite manifestement faire un éventuel IPO le plus tard possible.
Pour une valorisation deux fois inférieure avec 30 milliards, Airbnb est aussi un candidat potentiel. «Nous essayons de préparer l’entreprise afin d’être prêts pour une entrée en Bourse aussi vite que possible», déclarait en novembre Brian Chesky, CEO et fondateur de la plateforme américaine au magazine Wired.
Parmi les pure player de la tech, Palantir Technologies est très attendue. Cette start-up américaine valorisée à 20 milliards est spécialisée dans l’analyse de données et compte des services de renseignement gouvernementaux comme client. Mais aussi des banques, comme Credit Suisse. Là aussi, des éléments ont démontré un volonté de positionner l’entreprise pour un IPO, mais le fou semble savamment entretenu. La plateforme de stockage de données en ligne dropbox, qui revendique 500 millions d’utilisateurs, a renforcé ses services les plus rentables et songerait à un IPO. D’après Bloomberg, l’entreprise aurait discuté avec des banques de la possibilité d’un IPO d’ici fin 2017. Pour l’heure, l’entreprise est valorisée à 10 milliards.
Marjorie Théry
L’Agefi, vendredi 28 avril 2017

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