Le pétrole est cher, oui… mais pas tant que cela !

par | 21 Jan 2008

Les médias, en ce début d’année, nous rabattent les oreilles avec l’explosion du prix du pétrole à 100 dollars le baril, la crise du subprime, et les menaces de récession de l’économie américaine et au-delà de l’économie mondiale. Comme si la planète allait s’arrêter de tourner, que nos têtes allaient se couvrir de cendres et que notre richesse et notre niveau de vie allaient s’effondrer par un coup de baguette magique.

Pas de panique
Ne vous laissez pas berner par ces pythies de bas étages et ces oiseaux de mauvaises augures. Ne vous laissez pas effrayer par ces journalistes avides de titres coup de poing qui n’ont que peu de mémoire et encore moins d’expérience. Certes, après de glorieuses années, comme d’habitude et comme il en est normal, un cycle économique se termine. Mais pour rebondir, quelques mois plus tard. Prenons quelques exemples. Regardons le prix du pétrole. Certes il a explosé depuis 2001 en grimpant de près de 270%. Mais comme entretemps, le dollar s’est effondré, en prix constant – si la valeur du dollar ne s’était pas avilie – le prix du pétrole tournerait autour de 30 dollars le baril aujourd’hui. De plus, mais c’est un impact technique, les contrats de pétrole pour l’essence que nous mettons dans nos voitures ne sont pas traités aux prix de la spéculation mais sur des contrats à long terme qui tournent aujourd’hui entre 50 et 60 dollars le baril. Pour en finir avec la spéculation sur le pétrole, rien ne nous dit que demain ou dans trois mois le feu de paille actuel ne se sera pas consumé et que les prix ne retourneront pas entre 50 et 60 dollars. Pas de panique donc.

Stagner pour mieux rebondir!
Pas de panique non plus en ce qui concerne la conjoncture mondiale plombée par le risque de récession aux Etats-Unis. Ceci fait et fera bien sûr la Une des médias populaires mais il faut regarder au-delà et analyser les tendances lourdes de la conjoncture mondiale. Qu’en est-il en effet? L’économie mondiale a sans doute progressé d’un peu moins de 5% en 2007 et devrait tourner entre 4 et 4,5% en 2008, tirée qu’elle est par les marchés asiatiques. Ce n’est donc pas rien. Rappelons qu’en Suisse, nous sommes très fiers lorsque nous dépassons les 2%. En ce qui concerne les Etats-Unis, la situation est certes moins brillante avec sans doute et même très certainement deux trimestres de stagnation si ce n’est de récession. La machine va patiner en 2008. Mais pour mieux rebondir dès le premier semestre 2009. Pas de quoi finalement fouetter un chat et rien que de très normal dans le déroulement des cycles économiques.

Pas de quoi fouetter un chat
Restent cependant les risques liés à la crise du subprime. Comme vous le savez, les chiffres les plus farfelus circulent. De 150 milliards de dollars à 800 ou 900 milliards. A dire vrai, et on l’a bien vu ces derniers jours avec Credit Suisse, personne ne sait vraiment l’étendue des dégâts et surtout les grands instituts tardent à ouvrir ce qu’ils considèrent comme des boîtes de Pandore. Le choc est rude et sera encore conséquent ces prochains mois. Il va déstabiliser, nul n’en doute plus aujourd’hui, les banques et le système financier mondial. Malgré les risques systémiques, nous pensons cependant que la crise va se résorber grâce aux interventions des banques centrales et des montagnes de liquidités qu’elles vont injecter sur les marchés. Il y aura un peu plus d’inflation, mais c’est le prix à payer. Les banques centrales asiatiques et la banque européenne – avec du retard comme toujours – vont finir par suivre la voie tracée par les autorités américaines. Et le prix du pétrole en sera réduit de facto. La boucle est bouclée.

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