«On ne peut plus élire des politiciens connaissant peu les enjeux économiques de notre pays et qui laissent de ce fait trop de liberté à une administration dont ce n’est pas le rôle de prendre les décisions à leur place.»

«Redonnons à la politique ses prérogatives de fixer les conditions cadres dont nous devons nous accommoder pour lutter contre la concurrence étrangère» s’exclame Ivan Pictet. La Place Financière suisse, rappelle-t-il, représente 15% du PNB et mérite une attention particulière du fait de sa place de premier secteur économique de notre pays.

Ce qui semble inquiéter Ivan Pictet est la perte de compétitivité de la Place Financière suisse, qui ressort d’une récente étude – Master plan 2015 – commanditée par les principales associations faîtières, l’association suisse des banquiers, des assurances, des distributeurs de fonds et la SWX (bourse suisse). Cette étude révèle en effet que notre Place Financière vient de passer de la troisième à la sixième position mondiale. Elle propose des solutions concrètes pour que cette troisième place soit reprise à l’horizon 2015. Selon le Président de «Genève Place Financière», cela demande, à l’échelon fédéral, une véritable concertation, pour ne pas dire complicité, entre l’Etat et les milieux de la finance. En Irlande, au Luxembourg, aux Etats-Unis, à Londres, ont été créés des organes de concertation entre secteur privé et pouvoirs publics.

Dans un monde de la finance qui doit faire face à une concurrence de plus en plus féroce et à des produits de plus en plus complexes, notre législation nationale est actuellement quelque peu dépassée. L’Etat, représenté pas ses élus, se doit donc de prendre de toute urgence les décisions attendues par les acteurs de ce secteur économique. Tel est le vœu exprimé par Ivan Pictet à la veille des élections fédérales.

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Ivan Pictet, Président de Genève Place Financière.