Laurence Fehlmann Rielle est Députée au Grand Conseil genevois depuis 1997,
ancienne Présidente du Parti socialiste genevois de 2004 à 2008 et Secrétaire générale de la Fédération Genevoise pour la Prévention de l’Alcoolisme (FEGPA). Elle nous confie quelques secrets dans le Parc de son enfance.

Mon-Repos…Mon-Repos…
Clinique ou maison de retraite? Et bien non, c’est un parc. Et pas n’importe lequel: le premier parc public de Genève situé au bord du lac (lorsque la famille Plantamour lègue la propriété à la ville en 1898). Situé à l’extrémité du quai Wilson, grand comme huit terrains de foot, c’est aussi le parc d’enfance de Laurence Fehlmann Rielle. «Contrairement à son nom, nous nous y sommes beaucoup amusés, c’était le terrain de jeu de tous les enfants des quartiers environnants» confie la députée.

Terrain de jeu
A deux pas de son immeuble, le parc l’accueillait déjà alors même qu’elle n’avait pas encore 7 ans. Ses premières sorties sans adultes ni parents, elle les a faites là-bas. Un peu garçon manqué comme elle le dit elle-même, on pouvait la surprendre à grimper aux arbres, à jouer aux gendarmes et aux voleurs et même à prendre place sur quelques bateaux: «Nous étions 5-6 gamins un peu galopins à roder au bord du lac. Un jour, nous sommes montés sur un petit bateau avec l’intention de voguer dans les criques… Mais le propriétaire nous a vite fait déguerpir! Avec le recul, j’en souris encore». Passée cette mini-infraction au code maritime, le bord du lac était logiquement très attractif pour les mômes: trempage de pieds et baignade intégrale, jeux de cache-cache, «Mon-Repos» ou plus symboliquement: la liberté pour les gosses. «C’est le lieu de mes premières bêtises avoue Laurence Fehlmann Rielle, hiver comme été, cet endroit m’a beaucoup marqué!». Alors que le parc propose, aujourd’hui, de grandes étendues de pelouses ouvertes aux promeneurs, dans les années 60, il était interdit de les piétiner. Partout? Non. Un espace d’irréductibles brins d’herbes était laissé aux bonnes œuvres du public: «Le pré permis» se rappelle-t-elle. Au final, le Parc Mon-Repos combine à la fois ses souvenirs d’enfance et la proximité du lac, c’est tout naturellement son petit préféré.

Engagement politique
«Je suis née dans le quartier de Sécheron où mon père avait élu domicile. C’est mon grand père paternel d’origine argovienne qui est venu s’installer à Genève, mon père est né aux Pâquis. Ma mère était fribourgeoise». Grossiste, le papa vendait des articles pour fumeurs aux magasins de détail: briquets, cendriers, pipes et souvenirs, etc. «Mais pas de cigarettes!» précise l’épouse du médecin responsable du CIPRET-Genève. Née en ville, l’esprit assez urbain, elle assure cependant que la place de la nature lui est indispensable: «J’apprécie énormément la nature et les balades dans la campagne ou les bois». Côté détente, la lecture prédomine: «J’aime beaucoup André Gide, mais je ne lis pas autant que je le voudrais». Dur dur en effet de concilier de nombreuses activités: députée par ici, secrétaire par là, la dispersion guette… mais peut guider aussi. Amoureuse de l’orient, Laurence Fehlmann Rielle aimerait partir à la découverte de l’Iran, des pays d’Asie centrale comme l’Ouzbékistan ou retourner au Viet-Nam avec son mari. «La culture orientale m’inspire, l’hospitalité des gens est réelle et leur art culinaire précieux. A travers les miniatures persanes, indiennes ou turques par exemple, il y a quelque chose de mystérieux, ces civilisations sont fascinantes». Et la politique dans tout ça? On peut se demander d’où vient une telle volonté de s’engager. «Mon père se tenait toujours au courant de l’actualité politique et on en parlait aussi à la maison. Je crois que j’ai toujours été très intéressée par ce sujet». Et comme c’est en faisant de la politique que l’on devient politicien, elle précise: «L’expérience de l’engagement est très formatrice. On donne énormément de soi et on reçoit aussi beaucoup en retour. C’est une mine d’informations extraordinaire. Je pense être assez polyvalente. C’est un univers où l’on apprend aussi à se faire une carapace, à défendre ses positions et à les tenir, à faire des compromis aussi, des stratégies, c’est vraiment une école de vie». Appliquée au Canton, la Genevoise socialiste estime qu’il faudrait mieux répartir la prospérité pour éviter que les ruptures s’aggravent, qu’on pourrait faire encore mieux avec ce qu’on a, et, côté humain, «que les Genevois soient plus simples dans leurs relations les uns avec les autres, qu’ils retrouvent leur spontanéité». On rappelle souvent qu’être femme en politique est déjà un combat en soi: «Parfois on est moins pris au sérieux que les hommes et il faut davantage prouver ses compétences». Mais les femmes ont aussi leurs atouts et la députée ne dira pas le contraire: le pragmatisme, la constance dans la façon de défendre ses positions, une certaine persévérance. «En ce qui me concerne je me suis engagée par conviction et non par carriérisme» précise-t-elle. Mieux qu’un lointain souvenir, le parc Mon-Repos s’avère idéal pour une promenade dans l’avenir. bp

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«C’est le lieu de mes premières bêtises, hiver comme été, cet endroit m’a beaucoup marqué!» Laurence Fehlmann