Le Parti socialiste condamne l’évacuation brutale et illicite des habitant-e-s de Rhino.

Voici leur communiqué « Le Conseiller d’Etat Mark Muller a invoqué pour la première fois dans cette affaire l’article 42 A de la LDTR comme base légale à l’évacuation des 72 habitant-e-s de Rhino. Or, tant le texte que l’esprit de cette disposition sont très clairs : une mesure d’évacuation ne peut être ordonnée que si l’état de délabrement ou d’insalubrité de l’immeuble constitue un véritable péril. Dans le cas de Rhino une telle mise en danger a déja été niée par le Tribunal administratif. Fonder l’évacuation sur une telle base légale est donc manifestement contraire à la bonne foi. Rappelons que toute activité étatique doit être guidée par les principes constitutionnels de la bonne foi, de la légalité ainsi que celui de la proportionnalité.

L’évacuation a été ordonnée alors même qu’un jugement du Tribunal des Baux et loyers (devant lequel les occupants revendiquaient leur droit à un bail) est en attente et que le Tribunal de première instance a suspendu la procédure d’évacuation. C’est donc bien la justice qui est bafouée sous le fallacieux prétexte de la sécurité.

Le Parti socialiste dénonce une politique et une justice à deux vitesses. Cela fait deux ans qu’une autorisation pour la création d’appartements a été délivrée à l’ancien hôtel California. Hors, malgré une garantie bancaire de 2 millions pour les travaux, ni le Conseiller d’Etat Mark Muller ni le procureur n’ont agit pour que ces appartements soient réalisés.

Les Socialistes rappellent que le Droit au logement est inscrit dans la Constitution genevoise et que les 72 habitant-e-s de Rhino, dont 12 enfants, ont également le droit d’être logé-e-s.

Le futur projet n’est pas un projet social. Le propriétaire a renoncé à créer des hlm. Le projet prévoit 20 appartements dont les loyers seront contrôlés pendant 5 ans. Ensuite libre aux propriétaires de pratiquer des loyers prohibitifs. Il n’a aucune obligation de loger des familes et des personnes à bas revenus. Nous rappelons que le projet Rhino prévoyait une coopérative d’habitation dont les loyers auraient été modérés à long terme.

Nous saluons la volonté du Conseil administratif de la Ville de Genève de proposer des logements d’urgence pour les familles avec enfants et les femmes enceintes. Les abris de la protection civile mis à disposition par le Conseil d’Etat ne sont pas une solution acceptable. »

img5622.jpg

Qui est dans son droit?