Un mois de régime fast-food, sur le modèle de celui auquel s’était astreint le cinéaste Morgan Spurlock dans son documentaire « Super Size Me », peut se révéler dévastateur pour le foie, montre une étude suédoise publiée jeudi.

Mais, de façon plus inattendue, se nourrir de hamburgers-frites-soda augmenterait aussi le taux de « bon cholestérol » (cholestérol HDL), a expliqué à l’AFP un des auteurs de l’étude, Frederik Nystrom (université de Linkoping – Suède).

Les chercheurs ont demandé à 12 hommes et six femmes, âgés d’une trentaine années, tous minces et en bonne santé, de prendre deux repas par jour dans un établissement de restauration rapide (McDonalds, Burger King, etc.), pendant quatre semaines. Ces cobayes volontaires étaient aussi invités à limiter leur activité physique.

L’objectif était d’arriver à faire grimper leur poids de 10 à 15%, pour mesurer les effets d’une brusque augmentation de l’apport calorique.

Des analyses de sang avant, pendant et après l’expérience ont mesuré les taux d’une enzyme appelée « alanine aminotransférase » ou « ALAT », dont le dosage est utilisé pour le diagnostic de certaines maladies du foie, comme l’hépatite C et la cirrhose.

Selon de précédents travaux, des niveaux élevés d’ALAT sont associés à un risque de contracter un diabète de type 2.

« Les résultats m’ont effrayé », a déclaré le Dr Nystrom. Les taux d’ALAT ont augmenté brusquement au bout d’une semaine et quadruplé (en moyenne) en un mois. « Nous avons dû exclure un des participants de l’étude, car son taux d’ALAT était 10 fois supérieur à la normale », a-t-il dit.

Pour 11 des 18 sujets, même chez des individus qui n’avaient jamais bu d’alcool, les taux d’ALAT atteignaient un niveau qui normalement reflèterait des dégâts au foie.

L’étude, publiée dans le journal de l’Association médicale britannique Gut, « prouve qu’une élévation du taux d’ALAT peut être provoquée rien que par l’alimentation », a déclaré le Dr Nystrom. Et, selon les chercheurs, les hydrates de carbone (glucides) des sodas sont davantage à incriminer que les graisses des hamburgers.

Mais le plus surprenant dans ces recherches, c’est que le régime fast-food pourrait aussi avoir des effets bénéfiques…

« Nous avons trouvé que le taux de cholestérol HDL augmentait vraiment sur la période de quatre semaines », a déclaré le Dr Nystrom, qui souhaite maintenant publier ces derniers résultats. « L’étude montre un lien entre l’augmentation des graisses saturées et l’élévation du taux de bon cholestérol ».

Le Dr Nystrom estime que ces résultats sont cohérents avec ce qu’on appelle le « paradoxe français », cette apparente contradiction entre un régime alimentaire riche en graisses saturées (beurre, crème, fromage, charcuterie, etc.) et leur santé (faible taux de maladies cardio-vasculaires).

L’étude suédoise est directement inspirée du documentaire « Super Size Me, ou comment l’Amérique est devenue aussi grosse », charge à la hussarde de l’Américain Morgan Spurlock contre les enseignes de restauration rapide.

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Le régime fast-food pourrait aussi avoir des effets bénéfiques…