Les débats ont trop souvent été marqués par une absence de clarté, de la confusion, une insuffisante connaissance du sujet et surtout des attitudes partisanes figées. A cet égard, le flou des positions du Conseil fédéral n’aura rien facilité. Certes le sujet est délicat, voire émotionnel, mais il ne justifie pas une telle prudence surtout dans une période décisive sur le plan international.

L’énergie:l’enjeu de l’avenir
C’est évident, l’avenir énergétique du pays a une importance majeure. Nous devons sécuriser nos approvisionnements quantitativement et qualitativement et maîtriser le mieux possible les prix. L’eau à travers nos barrages répond à environ 60% de nos besoins. Si l’hydroélectricité ne peut plus se développer considérablement, il lui est possible de gagner encore quelques points avec des microcentrales. Le nucléaire ne s’arrêtera pas du jour au lendemain, mais nous ne sommes sans doute pas à la veille de construire une nouvelle centrale réclamée inutilement en ce moment par des acteurs directement intéressés et qui pourraient jouer un rôle plus utile en élargissant leurs sources énergétiques. La solution passe par une recherche systématique d’économies d’énergie grâce à des technologies nouvelles dont nous disposons déjà en bonne partie. Elles nous permettront de faire de substantielles économies sans renoncer à notre confort.

C’est dans cette direction que nous trouverons les plus grandes réserves. A cela s’ajoutent les énergies renouvelables. La Suisse a cessé de faire la course dans le peloton de tête. Plusieurs pays nordiques notamment l’ont largement dépassée. En particulier le solaire, les éoliennes, la biomasse, la géothermie peuvent prendre des parts de marché.

Un défi qui est aussi économique
Quant à la transition, car il en faut une, c’est le gaz naturel qui peut l’apporter. Certes, il dégage du CO2, mais tellement moins que d’autres énergies fossiles. Deux ou trois centrales thermiques sont rapidement réalisables sur notre territoire. Y renoncer nous placerait dans une dangereuse situation de plus large dépendance extérieure. Ces actions s’imposent pour assurer le bon fonctionnement du pays et ces réformes, à première vue en faveur de l’environnement seulement, le sont en vérité aussi pour protéger notre économie d’une catastrophe qui s’ajouterait à la première qui serait environnementale.

C’est Nicholas Stern, expert du Gouvernement britannique et ancien vice-Président de la Banque Mondiale, qui l’a dit ces derniers mois. Si nous ne faisons rien pour lutter contre le réchauffement de la planète, le coût sera supérieur à toutes les crises économiques et guerres que nous avons connues! C’est dire que le moment des audaces est arrivé. Elles apportent une protection environnementale et financière et une fantastique chance économique pour l’avenir de notre pays qui, dans ce domaine, a des atouts que les écoles polytechniques mettent en avant et auxquels plusieurs cantons et villes commencent à croire, dont Genève.

img6521.jpg

Au niveau du réchauffement climatique, la Suisse a cessé de faire la course dans le peloton de tête.