Depuis 12 ans, ce bistro-de-poche-chic-et-intime du centre ville donne toujours dans le La. Sans faire la leçon à personne. C’est rare. Le patron s’appelle Guy. Beaucoup de noctambules l’on connu jadis au restaurant du Griffin’s Club, à l’époque glorieuse d’un regretté prince de la nuit, Bernard Grobet.

Ne vous fiez pas à la devanture de l’endroit, un brin kitch. Le meilleur est dedans : tissus rougeoyants, affiches vintage et miroirs à foison donnent le ton. L’éclairage «moderato» donne une bonne mine, même aux plus épuisés. En salle, une trentaine de places. Dans une alcôve, un coin lounge intimiste où il fait bon se vautrer en compagnie, avant, pendant ou après les agapes. Au bar, six tabourets souvent squattés par les habitués. Fond musical des seventies.

Accueil et service féminin, avec application. On vous débarrasse de votre manteau et, dès le départ, on vous dit merci. Comme dans les Palaces. La carte ne donne ni dans le «fusion», encore moins dans le «moléculaire», mais personne ne s’en plaint. Rien que du classique et du fait minute. Carpaccio de saumon frais, foie gras maison, filet de boeuf sauce moutarde, carré d’agneau au caviar d’aubergines, crème brûlée et tarte aux pommes chaudes rassurent. Sympa, le Chef en vitrine dans sa cuisinette façon sous-marin.

Coté liquides, la botte secrète du Why Not, c’est sa carte de vins de Bordeaux. Choix maxi, tarifs au plus juste. Selon la rumeur, le patron achète ses crus en primeur. Un Sociando-Mallet 1995 à Fr. 128.- la bouteille. Qui dit mieux? Faire une cour discrète à sa nouvelle conquête, discuter tranquillement affaires, souper tard entre amis après le spectacle : voilà quelques occasions de réserver au Why Not. Enfin, il n’est pas rare d’y croiser une star du show biz en tournée, ou bien domiciliée au bout du Lac.

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Quel est le point commun entre un restaurant «tendance» à Genève et un téléphone portable dernier cri? La durée de vie moyenne: environ 18 mois.