Les chiffres sont énormes. Les statistiques montrent que des milliers d’entreprises seront à remettre en Suisse dans les cinq prochaines années. Pour la plupart, des entreprises familiales et des petites entreprises…

Le marché tend vers une situation où beaucoup d’entreprises devront fermer naturellement. Parce que les gens ne se sont pas préparés ou n’ont pas mis leur structure en place pour pouvoir revendre. En outre, de nombreuses PME sont liées à leur patron. C’est le boss qui fait tout: des commandes aux relation-clients, etc. Et quand le patron n’est plus là, l’entreprise vaut zéro.
Ce qui est dramatique dans cette nouvelle situation qui se profile à l’horizon, c’est que la plupart des entrepreneurs n’ont même pas commencé à réfléchir sur l’éventualité d’une transmission de leur entreprise! Et s’y prendre au dernier moment n’est évidemment pas la solution à préconiser! Ce qui est positif, ce que de nombreux employés ou cadres peuvent d’ores et déjà penser à devenir chef d’entreprise à leur tour. C’est tout à fait possible. Ils peuvent changer de vie.

Ne pas attendre le dernier moment
Culturellement – et en grossissant les traits –, le Suisse lorsqu’il se lance dans une activité entrepreneuriale a tendance à le faire pour la vie sans penser une seule fois à la revente. Ce n’est qu’au tout dernier moment, soit dans l’année qui précède la fameuse retraite, que les patrons pensent (enfin!) à la transmission de leurs bébés. Manque de temps? Manque de motivation? Peur de l’accompagnement? Sentiment de pouvoir arranger ses affaires tout seul dans son coin? Maladie de la discrétion? Quoi qu’il en soit, une entreprise ne se transmet pas comme une poignée de mains. Pour des raisons fiscales élémentaires, des questions de stratégie ou de survie… Toute vente doit être mûrement réfléchie. Tout se prépare. Et pas un jour ou trois mois avant. Ce n’est pas en deux mois qu’on vend une entreprise où il y a 20 personnes. Ce n’est pas en deux mois qu’on vend une entreprise qui n’a jamais été prête à être cédée. Bref, il y va de l’intérêt immédiat de l’entrepreneur lui-même, qu’il soit cédant ou repreneur. Le cédant a tout intérêt à obtenir le maximum de profit de la transmission de son entreprise pour s’assurer une retraite la plus confortable qui soit. Il doit aussi céder son entreprise avec une structure propre. La fin de vie professionnelle approchant, les cheveux grisonnants devraient coller des post-it dans tous les coins avec la mention: «Pensez à transmettre mon entreprise avant la retraite». Sinon, pas de retraite, c’est aussi simple que cela. Le repreneur, quant à lui, a tout intérêt à ce que la PME qu’il désire acheter soit purgée de tous les manquements possibles. Et pour que tout soit parfait, il faut du temps, être bien conseillé et bien accompagné. L’intermédiaire neutre est aussi le bienvenu entre le repreneur et le cédant pour arbitrer la transmission au mieux des intérêts de chaque partie. Il n’y a aucun risque à vendre la peau de l’ours après l’avoir tué!.

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par Olivier Nimis, Directeur de Remicom, Transmission d’entreprises