Un peu plus d’un an après les élections municipales à Sermérieu, ""Hélène Auzimour est amère. Tête de liste des élus de la minorité avec Gaston Yvrard, elle s’indigne : «Alors que nous représentons 43 % des suffrages, notre liberté d’expression est régulièrement bafouée en conseil municipal par un maire qui a adopté un comportement tyrannique !» L’atmosphère est pesante. L’élue déplore que la minorité soit constamment mise à l’écart des projets communaux, les demandes d’informations étant «sans cesse entravées, sans parler des insultes et du mépris de l’équipe du maire.» Gaston Yvrard complète : «Le maire nous refuse même un espace d’expression dans le bulletin communal alors que ça faisait partie de ses promesses de campagne !»
Le trio composé d’Hélène Auzimour, Gaston Yvrard et Olivier Brun ne comprend pas, d’autant qu’ils se défendent de faire de l’obstruction systématique. Hélène Auzimour souligne : «Nous avons déjà voté plusieurs délibérations présentées par le maire. Mais nous avons quand même le droit de faire valoir des opinions différentes ! Nous souhaitons conserver un état d’esprit constructif. Nous sommes simplement attachés à la liberté d’expression, à la transparence et à la démocratie participative. Or, avec la majorité actuelle, il est impossible de faire entendre notre voix. Le fonctionnement du conseil municipal est catastrophique !» Elle s’interroge : «Est-ce bien raisonnable ?»
Gaston Yvrard juge également sévèrement la politique du maire en matière de finances. Il indique : «En 2014, les investissements se sont limités à 1 000 euros. C’est ridicule par rapport aux besoins d’un village comme Sermérieu.» L’élu ne comprend pas non plus que la majorité ait inscrit un emprunt de 100 000 euros au budget prévisionnel «sans aucun projet de travaux en face !» Hélène Auzimour ajoute : «Pourquoi emprunter de l’argent si on n’en n’a pas besoin ? Nous appelons à davantage de rigueur budgétaire. Chaque euro doit être un euro utile.» Le trio de la minorité s’est également opposé à l’entrée de la commune dans le capital de la Semcoda en vue de la construction de logements sociaux. «Ce n’était pas une obligation. ça n’apporte rien à la commune !», insiste Gaston Yvrard. Son binôme conclut : «Nous conserverons nos convictions malgré cette atmosphère délétère. Nous savons en effet que si la démocratie devient malade, le bon sens de la population l’emporte tôt ou tard.» La trêve estivale ne semble pas de trop à Sermérieu…
Stéphane Perrin

2016-07-30