S’il n’est pas démontré que les antennes relais sont dangereuses pour la santé des citoyens, il paraît toutefois important pour les élus de pouvoir encadrer les installations au-delà des simples recommandations de bonnes pratiques qui existent aujourd’hui. En effet, les installations de ces antennes sont très peu réglementées et elles interviennent, bien souvent, à l’encontre de la volonté des citoyens et des municipalités.""
C’est dans ce cadre que le député Alain Moyne-Bressand a milité, en 2011, pour la proposition d’une loi qu’il avait fait enregistrer en fin d’année 2009. Il souhaitait alors qu’elle soit reprise dans les débats de l’assemblée nationale et votée par les parlementaires.
Alors, à Meyrié, l’implantation de deux pylônes supplémentaires inquiète fortement les élus et les concitoyens. Pourtant, cette commune n’est pas en défaillances de réception. Historiquement, elle est déjà dotée d’une antenne relais. Il y a tellement longtemps qu’on ne la voit même plus. Elle se trouve à l’entrée du village. Elle fait partie du paysage et depuis l’annonce de deux nouvelles antennes relais tout le monde a les yeux rivés vers cette première installation qui, au fil des ans, a pris de la hauteur ! Elle a un peu poussé comme un champignon ! Une c’est bien… deux, pourquoi ? et trois, bonjour les dégâts ! C’est un peu du tout et n’importe quoi. Et aujourd’hui encore, les élus meyriots se demandent pourquoi leur commune attire autant les opérateurs. A ce jour, ils n’ont pas eu de réponses à leurs questions. Certes, il y a un enjeu financier. Les élus ne sont pas naïfs mais ils sont surtout agacés par le procédé. “Il n’est pas question aujourd’hui de remettre en cause le besoin du téléphone mobile et de ses structures. Mais, dans un souci de prendre en compte, si ce n’est le principe de précaution, le principe d’attention aux inquiétudes des riverains, ils nous apparaît absolument nécessaire d’encadrer, au-delà de simples recommandations d’une Charte des bonnes pratiques, les règles d’installation des antennes relais”. Ainsi, de concert, Eugène Rey, maire – Pascale Badin, adjointe à l’urbanisme et Vincent Bouvard, conseiller municipal délégué à l’urbanisme se sont exprimés sur leur désaccord face à ces implantations.

Sensibiliser le public
C’est dans le courant du mois d’avril que les habitants ont appris, par le biais de la municipalité, qu’une déclaration préalable pour la création d’une antenne relais supplémentaire, à proximité de l’existante a été déposée. Et finalement, au lieu d’une, ce sera deux antennes relais de deux opérateurs différents !
Alors, trois pylônes de plus de 30 mètres de haut plantés dans un rayon à moins de 240 mètres entre les deux antennes les plus éloignées, cela fait beaucoup. Alors, ni une ni deux, c’est au nom de la protection de l’environnement et de la santé publique, que les élus bataillent depuis des mois contre l’implantation d’antennes-relais. Et bien que “ces dossiers sont présentés comme relevant d’un intérêt public”, cela pose problème d’autant qu’on serait dans l’illégalité si la municipalité les rejetait.
Le premier dossier est porté par Bouygues Telecom, dans le cadre du développement de la 4G. L’autre est porté par Itas, un opérateur de TNT. Ces pilônes se trouveraient à proximité de celui existant déjà à l’entrée du village, utilisé par Orange, TDF, des canaux TNT…
Ces deux pylônes devraient voir le jour sur des parcelles privées. Elles pourraient être en place pour le 15 juin l’une, et au mois d’août pour l’autre ! A proximité se trouvent plusieurs maisons alors l’inquiétude est palpable. Des riverains se sont déjà manifestés auprès de la mairie. Et ne croyez pas que la municipalité soit restée les bras croisés, bien au contraire. La municipalité a engagé un avocat et tous les recours possibles ont été épuisés par rapport au code de l’urbanisme. Eugène Rey nous dit encore avoir écrit à Bouygues et à Itas. Et preuves à l’appui avec les courriers échangés ! Il y a encore eu des échanges téléphoniques. Au cours de ces différents entretiens, il était rappelé aux opérateurs qu’ils s’étaient engagés par le biais de la signature d’un “guide des relations entre opérateurs et communes”. La signature s’est faite entre l’Association Française des Opérateurs Mobiles, et l’Association des Maires de France. “Ce qui signifie qu’ils s’engagent sur papier mais pas sur le terrain !”, s’exclame encore Eugène Rey. Et de poursuivre : “Tous les arrêts du Conseil d’Etat ont donné tort aux communes qui se sont opposées”. Et bien conscients que Meyrié est une commune des plus privilégiées par sa disposition en surplombant la vallée du Bion, les élus craignent de voir arriver d’autres opérateurs.
Les élus sont inquiets et s’adossent encore à des motivations d’ordre ur-bain, paysager et sanitaire afin que chacun devienne raisonnable en étudiant la mutualisation de l’existant.
Affaire à suivre…

Texte et photos : Carole Muet
 


2014-09-12