Deux patients souffrant d’un dysfonctionnement de la valve aortique se sont fait implanter une prothèse ne nécessitant pas de suture. Les Hôpitaux universitaires de Genève (HUG) sont le premier établissement genevois à utiliser cette technologie prometteuse. Elle permet notamment de réduire le risque de complications liées aux opérations à coeur ouvert.

Environ 2% des personnes de plus de 70 ans souffrent d’une sténose de la valve aortique. Avec l’âge, du calcium s’accumule dans le clapet qui permet de contrôler le passage du sang du coeur vers les organes. Conséquence : la valve ne s’ouvre plus correctement, et le sang a du mal à s’écouler. Le coeur est alors contraint de travailler davantage pour jouer son rôle.

Les premiers symptômes se manifestent à l’effort : le malade ressent une gêne, voire une douleur en respirant ou une syncope. En l’absence de traitement, le coeur s’épuise progressivement et n’assure plus un débit suffisant: c’est l’insuffisance cardiaque. Les études montrent qu’après l’apparition des premiers symptômes, l’espérance de vie ne dépasse pas cinq ans.

Gagner du temps
Un traitement s’avère donc indispensable. A l’heure actuelle, seule la chirurgie permet de soigner efficacement cette pathologie. L’intervention consiste à enlever la valve malade et à la remplacer par une prothèse. Pour le chirurgien, l’une des difficultés consiste à fixer la nouvelle valve. Les prothèses classiques doivent être cousues sur l’anneau aortique. Ce procédé, bien qu’efficace, présente un inconvénient de taille : il prend du temps. Or, le coeur du malade doit être arrêté du-rant l’opération. Plus l’intervention dure, plus les risques augmentent pour le patient.
C’est là que réside tout l’intérêt de la nouvelle valve utilisée par les HUG: une technologie nova-trice lui permet de tenir toute seule, sans suture. Pour le chirurgien, les gestes à réaliser sont beaucoup moins compliqués. Le temps d’opération est donc réduit. Par ailleurs, l’absence de liga-ture réduit le traumatisme des tissus. Enfin, l’implantation étant facilitée, l’incision du thorax doit être moins large. Tous ces éléments améliorent tant la sécurité que le confort du patient : le coeur et les tissus souffrent moins, le risque de complications est réduit et le temps de récupération moins long.

Technique du futur
Découvertes il y a cinq ans, les valves aortiques sans suture commencent tout juste à être adop-tées en Suisse. Les HUG sont le premier centre à les utiliser à Genève. Deux patients ont été opérés au mois d’août. D’autres suivront prochainement. A terme, cette technique devrait s’imposer comme la solution de choix. Elle est d’autant plus intéressante pour les HUG que l’âge des patients devant subir un remplacement de la valve aortique ne cesse d’augmenter. Or, plus le malade est âgé, plus les risques liés à une opération à coeur ouvert augmentent.

En 2013, les HUG ont réalisé plus de 200 interventions cardiaques adultes, dont 50 remplace-ments de valve aortique.

img20555.jpg